La France sous psychotropes

La France sous psychotropes

05/11/2013 – 09h00
PARIS (NOVOpress) –
Dans son numéro 148, l’excellente revue Eléments se penchait dans son dossier sur “La France malade de sa médecine”. Jean-François Gautier y décortiquait savamment le système à fabriquer des malades, par le diagnostic permanent et l’obsession médicale (et médicamenteuse) du berceau au cercueil. Il épinglait également les “dealers” de l’industrie pharmaceutique qui avaient peu à peu poussé les Français sur la première marche du podium européen (bientôt mondial ?) des consommateurs de psychotropes. Dans un pays où les recettes du bonheur sont tartinées sur toutes les unes des hebdomadaires, où l’on nous vante quotidiennement les joies de l’Empire du Bien et du vivre-ensemble, la tartufferie fait plouf.

Une étude menée par l’assurance-maladie et présentée la semaine dernière, sur les dépenses de santé et les principales pathologies des Français confirme le constat d’Eléments. Portant sur l’année 2011, elle fait apparaître en tête les “pathologies psychiatriques et la consommation de psychotropes” parmi le coût total des “pathologies chroniques et traitements médicamenteux réguliers”. Ces pathologies psychiatriques coûtent 22,6 Mds d’euros par an (soit 15 % de la dépense totale). En comparaison, le diabète (15,7 Mds) et le cancer (14,5 Mds) arrivent loin derrière.

Comme s’il était besoin d’enfoncer un peu plus le clou, l’assurance-maladie nous propose un autre chiffre saisissant : le nombre de personnes traitées par pathologies. Combien de Français étaient traités pour des pathologies psychiques en 2011 ? 7,41 millions, soit plus de 11 % de la population. Devant de tels chiffres, devant un tel désastre, il est étonnant de ne voir aucune réponse des pouvoirs publics. Au lieu de dépenser des millions d’euros de communication pour le dépistage généralisé, à tout âge, et pour tout, le matraquage anti-alcool et anti-tabac, ne serait-il pas plus judicieux de s’attaquer à ce vrai fléau qu’est la dépression généralisée ?

Lobotomisation télévisuelle, couplage de l’exhibitionnisme et du voyeurisme sur les réseaux sociaux, culte de l’envie et de la jalousie diffusé par la publicité, destruction de la famille et des repères identitaires fondamentaux. Les vraies causes sont pourtant clairement, et depuis longtemps, identifiées.

Pendant ce temps, un peuple meurt lentement, sous anti-dépresseurs…

Crédit photo : Tom Varco via Wikipédia (cc).