« Salles de shoot » : le Conseil d'État dit non

« Salles de shoot » : le Conseil d’État dit non

11/10/2013 -22h15
PARIS (NOVOpress via Bulletin de réinformation) –
Saisi du projet d’ouverture d’une salle dite « de shoot » dans le 10e arrondissement de Paris, le Conseil d’Etat a renvoyé hier le gouvernement devant ses responsabilités

« On était prêt à ouvrir mi-novembre. Les travaux devaient être lancés, on était en train de recruter des gens, on doit tout arrêter », a déploré « atterrée » la directrice de la salle dite « de shoot » qui devait bientôt voir le jour aux abords de la gare du Nord. Le gouvernement pensait pouvoir imposer ce projet par simple décret, sur le modèle des lieux d’accueil pour toxicomanes. C’était sans compter avec une association de riverains qui a déposé un recours devant le conseil d’Etat. Les magistrats du Conseil ont estimé hier que l’installation « d’une salle de consommation de drogues » n’est pas conforme juridiquement à la loi de 1970 sur les stupéfiants, laquelle interdit tout usage de drogues en France.

Le Conseil d’Etat aurait-il pris en considération les craintes des Parisiens ?

Non. En fait, les « sages » ne se prononcent pas sur le fond, mais simplement sur la forme. Dans leur décision, ils ne font en effet que recommander au gouvernement d’inscrire dans la loi le principe de ce dispositif pour plus de garantie juridique. « Le Conseil d’État recommande de passer par une loi, c’est un conseil qu’évidemment nous allons suivre », a d’ailleurs commenté, goguenarde, la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine.

Les associations de riverains ne sont donc aucunement rassurées…

 Alors que le maire du 10ème arrondissement considère que cette salle est  « le seul moyen d’améliorer la sécurité des habitants (sic) et la santé des usagers (re-sic) », pour le collectif des associations de riverains, dont « Parents contre la drogue », en revanche, une telle salle ouvre la voie à un « suicide sous assistance » et représentent « la première étape vers une dépénalisation des drogues ». Pour les mêmes raisons, Génération Identitaire Paris et le Front national Paris sont également vivement opposés à ce projet. La décision du Conseil d’Etat ne fait que reporter de quelques mois l’ouverture de la salle contestée. Marisol Touraine a été claire hier : les députés devront se prononcer pour l’ouverture de telles salles et donc légaliser l’usage des drogues en France. Après les municipales ?  Une nouvelle avancée majeure de la culture de mort.

Crédit photo : David Blumenkrantz, via Flickr, (cc).