Ça s'est passé à Paris : Les « antifas » sèment la terreur

Ça s’est passé à Paris : Les « antifas » sèment la terreur

Cela aurait pu très mal se terminer. « Minute » a recueilli un témoignage exclusif sur les dernières violences commises par les amis de Clément Méric. Ça s’est passé samedi, en plein cœur de Paris.

Samedi 14 septembre, il est 16 h30 quand une bonne vingtaine de militants dits « antifascistes » débouchent de la station de métro La Motte-Picquet-Grenelle, dans le XVe arrondissement de Paris, et foncent sur la brasserie Le Pierrot, situé à l’angle du boulevard de Grenelle et de l’avenue de La Motte-Picquet. En quelques secondes, ils s’en prennent aux rares clients installés en terrasse, jettent tables et sièges dans la vitrine (photo en Une) et font usage de leurs armes, des matraques télescopiques en l’occurrence.

La scène, d’une violence rare aux dires des témoins que nous avons rencontrés, ne dure pas plus d’une minute. Les agresseurs s’enfuiront en direction de la station de métro Cambronne. C’est là où neuf d’entre eux seront interpellés par des policiers en civil.

Pourquoi avoir ciblé La Motte-Picquet ? Imperceptiblement, depuis la fin des années 1990, de jeunes étudiants catholiques et de jeunes militants de droite ont fait de ce carrefour et de ce bar un point de rencontre privilégié. On est ici à quelques centaines de mètres de l’église Saint-Léon, très fréquentée par les étudiants, à quelques encablures des pelouses du Champ-de- Mars, si pratiques en été pour les pique-niques improvisés. On est au cœur parisien de ce que Gabrielle Cluzel de « Monde et Vie » appelle « la France bien élevée ».

Et de fait, la Motte-Picquet est de venu un mythe pour l’extrême gauche, comme ont pu l’être en leur temps la faculté d’Assas ou l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Même si ces derniers mois les militants de droite s’y étaient faits plus rares. L’opération des « antifas » était donc sans danger pour eux, en l’absence d’adversaires et en privilégiant la surprise.

L’étrange départ des forces de l’ordre

Ça s'est passé à Paris : Les « antifas » sèment la terreur

Logo du groupe Action Antifasciste Paris-Banlieue

D’où cette stupide idée de « descente », pour reprendre le jargon militant, organisée par ces « antifas » dont les quartiers généraux se situent plutôt dans le XXe arrondissement que dans cet ouest parisien habituellement paisible. Il n’est pas assez métissé à leur goût, ce XVe arrondissement qui a gardé un peu de ce « quartier populaire et aéré » qu’évoque avec mélancolie Robert Brasillach dans Notre avant-guerre. Toujours est-il que, par miracle, le bilan de cet épisode inquiétant s’est limité à de la porcelaine et du verre cassé.

Nous avons pu rencontrer l’un des témoins oculaires de l’agression. Habitué du quartier, il passait par hasard à cette heure du creux de l’après-midi sur le boulevard. Il se rendait chez des amis. Bertrand R., la trentaine, a accepté de nous raconter la scène: « Il y avait cinq ou six cars de gendarmes mobiles, ce qui ne m’a pas surpris outre mesure en raison de la tenue d’une manifestation de soutien aux garçons accusés d’être les meurtriers de l’“antifa“ Clément Méric, qui devait avoir lieu au métro Duroc, donc à deux stations seulement sur la ligne 10, et qui avait été interdite par la préfecture de police. Il y avait aussi deux voitures de police banalisées, remplies de flics en ci vil. A la terrasse du Pierrot, il y avait quelques jeunes cathos, presque encore des gamins et gamines, dont deux jumeaux un peu politisés et habitués des manifestations contre le mariage pour tous. Contrairement à ce qu’on a pu lire sur des sites internet, ils ne portaient pas spécialement de sweet-shirt de la Manif pour tous.

« C’est à ce moment que j’ai soudain vu la meute d’“antifas“ débouler, cagoulée, casser la terrasse, porter quelques coups et repartir aussi sec. Cela a peut-être duré 30 secondes. En les suivant discrètement j’ai assisté rapidement à leur arrestation et à leur fouille: visiblement les policiers recherchaient les armes qu’ils avaient utilisées lors de l’agression. Les forces de l’ordre se sont alors remises en position au carrefour qu’ils avaient bizarrement déserté juste avant la bagarre. Ils y sont restés jusqu’au soir. »

Manuel Valls cherche-t-il l’affrontement ?

Les neufs gardés à vue seront transférés au commissariat central du XVe arrondissement, situé rue de Vaugirard, juste à côté du siège de l’UMP. A cette heure, nous ne savons pas ce qu’il est advenu d’eux. Le patron du bar Le Pierrot a porté plainte pour les dégradations dont son établissement a été la victime.

Malgré les arrestations des coupables, on peut s’attendre à d’autres violences dans les jours et les semaines qui viennent, tant les « antifas » se croient cautionnés par des médias naïfs ou complices, qui à l’instar du quotidien « Libération », présentent cette racaille sous un jour des plus sympathiques et romantiques.

Loin de se limiter à des bagarres avec des skinheads, sport idiot mais impliquant des adultes consentants, les « antifas » viennent de démontrer qu’ils veulent et peuvent s’en prendre à des gamins sans histoire, dans des établissements ayant pignon sur rue, en pleine journée. Les habitants du XVe arrondissement, comme beaucoup de Parisiens, risquent d’attendre longtemps des déclarations rassurantes de la préfecture de police.

Fermera-t-elle le Saint-Sauveur, le bar fétiche de la mouvance « antifa » situé dans le XIe arrondissement? On en doute. Mais il est clair que si, rapidement, les forces de l’ordre ne mettent pas hors d’état de nuire les quelques centaines d’« antifas » parisiens, la situation pourrait dégénérer. Le principal responsable en serait une nouvelle fois le ministre de l’Intérieur.

A moins qu’il ne cherche délibérément à démotiver les jeunes militants de droite…

Lionel Humbert

Crédit images : DR.

Article de l’hebdomadaire “Minute” du 18 septembre 2013 reproduit avec son aimable autorisation. Minute disponible en kiosque ou sur Internet.