Football : Les Girondins sont-ils représentatifs de Bordeaux ?

Football : Les Girondins sont-ils représentatifs de Bordeaux ?

17/09/2013 – 14h00
BORDEAUX (NOVOpress via Infos Bordeaux) –
Il est de bon ton depuis plusieurs années, de compter les joueurs de couleur au sein des différentes équipes de football. La presse s’en est fait une spécialité, allant même jusqu’à dénoncer le peu de joueurs noirs dans certaines équipes européennes, et surnommant l’équipe de France de 1998 « black-blanc-beur ».

A Bordeaux, cette dénomination ne saurait être utilisée, l’équipe des Girondins (photo à l’entrainement) ressemblant plutôt à une équipe « black-black-black », expression popularisée par le philosophe, Alain Finkielkraut.

Cette interrogation s’est fait ressentir lors du dernier match Bordeaux-Paris (perdu 2-0 à domicile), où certains supporters s’interrogeaient quant à la « représentativité » des joueurs « bordelais ». Il est vrai que sur les 27 joueurs de l’effectif professionnel, on ne compte que 6 joueurs blancs, parmi lesquels seulement 3 français.

Sous couvert de l’anonymat, un membre du virage Sud nous confie le « ras-le-bol de nombreux supporters » : « Depuis la victoire de l’Equipe de France au Mondial de 1998, l’aspect sportif du football est sacrifié au profit d’une communication politique sur l’intégration des minorités ». « Il y a d’excellents joueurs immigrés », poursuit-il, « mais les équipes ne ressemblent plus aux villes qu’elles sont censées représenter, et les joueurs ne sont plus que des bêtes d’élevage qu’on s’échange à des prix ahurissants ».

Si ce type de débat est encore tabou en France (*), le sujet est désormais ouvert en Angleterre. Pour Rio Ferdinand, ancien international anglais, la Fédération anglaise devrait copier le modèle turc : « Les clubs peuvent avoir au maximum dix joueurs étrangers dans leur effectif et pas plus de six dans les dix-huit susceptibles de disputer les matchs. Si vous voulez protéger le football anglais et son héritage, il va falloir trouver une solution de ce genre ».

* En novembre 2010, plusieurs acteurs importants du football français avaient évoqué la possibilité de mettre en place des quotas dans les centres de formation, mais avaient reculé devant le tollé médiatique.

Crédit photo : emmanuelfroissant, via Flickr, (cc).