Faits et Documents n°362 du 15 au 30 septembre 2013 : "Portrait : Bernard Bajolet"

Faits et Documents n°362 du 15 au 30 septembre 2013 : “Portrait : Bernard Bajolet”

Le nouveau numéro de Faits & Documents du 15 au 30 septembre 2013 vient de paraître, avec (entre autres) un portrait du directeur général de la DGSE (renseignement extérieur), Bernard Bajolet. Extrait.

Personnage sinueux et fuyant, Bernard Bajolet sait composer : coordonnateur national du renseignement auprès de Nicolas Sarközy, ce diplomate, qui fut en poste à Alger et Kaboul, a été propulsé par François Hollande à la tête des services secrets extérieurs (DGSE). Il cache pourtant tellement bien son jeu qu’on ne sait plus vraiment s’il est un diplomate chez les espions ou un espion chez les diplomates.

« Plutôt de gauche. » Le Point, août 2008.

« J’adhère totalement à la philosophie politique de Nicolas Sarközy mais je ne suis pas un militant politique. » Le Monde, 27 août 2008.

« Bernard Bajolet va devoir apprendre à faire du patin à glace sur une peau de banane […] “Il est forcément accepté car il est déjà dans le coup” glisse un militaire de haut rang. Tellement dans le coup, d’ailleurs, que certains le voyaient déjà faire partie des services. Bernard Bajolet reconnaît avoir travaillé “en total tandem” avec la DGSE pour la libération des otages français d’Irak, mais, ajoute- t-il en faisant mine de tracer un ensemble : “Je suis diplomate, je travaille pour l’État. »
Le Monde, 27 août 2008.

« Un champion des missions casse-gueule, les casseroles en moins. Le genre de profil qu’on irait davantage dégotter boulevard Mortier, à la DGSE, qu’au Quai d’Orsay. »
Bakchich, juin 2008.

Faits et Documents n°362 du 15 au 30 septembre 2013 : "Portrait : Bernard Bajolet"

Faits et Documents n°362 du 15 au 30 septembre 2013 : “Portrait : Bernard Bajolet”

Né le 12 mai 1949 à Dombasle-sur-Meurthe (Meurthe-et-Moselle), ce célibataire endurci est le fils d’un ingénieur de Contrexéville (où il a été maire-adjoint), Georges Bajolet, et de Marie-Thérèse Labord. Au Who’s Who, en « illustration familiale », il revendique avoir pour « aïeul le peintre Claude Gellée dit Le Lorrain (1600-1682) ». Ce qui est nettement exagéré (mais vous pose) : il ne dispose d’aucun élément précis sur cette descendance, ayant seulement indiqué une fois (L’Est républicain, 13 février 2011) qu’il était « le descendant d’un frère ou d’une sœur du peintre Claude Gellée ». Ce qui ne fait nullement de ce dernier un « aïeul ».

En revanche, ce « catholique tolérant », adepte d’équitation, de sports d’eau et de violon, a acquis, en 1979, en Franche-Comté, une somptueuse propriété inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques (ce qui ouvre droit à des subventions et des déductions fiscales très importantes), le château d’Ouge (Haute-Saône), remontant au XVIème siècle, assorti d’un élevage de chevaux et un somptueux parc botanique de 3 hectares (classé parmi les « jardins remarquables ») avec jardinier à plein-temps.

Ancien du lycée Poincaré de Nancy, il rejoint Sciences-Po Paris puis entre, d’extrême justesse, à l’Ena (promotion Léon Blum, 1973-1975, dont sont également issus Martine Aubry, Pascal Lamy Bernard Boucault, ou Alain Minc). Entretemps, il a effectué son service national au 11ème régiment du génie de Rastatt (Allemagne). Sorti dans un meilleur rang qu’il n’était entré à l’Ena, il opte pour la carrière diplomatique. Il sera donc deuxième puis premier secrétaire à l’ambassade de France à Alger de 1975 à 1978… où il accueillera durant huit mois un jeune étudiant de l’Ena, François Hollande. Depuis lors, les deux hommes se tutoient et « le président de la République a régulièrement sollicité, au gré de son parcours politique, son expertise sur des sujets sensibles (Le Monde, 12 avril 2013). »

Sans être passé par les Langues O’, il a une remarquable maîtrise de la langue arabe (ainsi que des notions de serbo-croate et de bosniaque). Ce diplomate à la barbiche finement taillée se flatte d’avoir lu trois fois intégralement le Coran et d’avoir « fréquenté nombre de mosquées » (Le Monde, qui également précise qu’il a parfois été surnommé « l’ambassadeur des oulémas », tant ses liens sont étroits avec les sunnites). En Irak, il consacrera « une attention particulière à la fraction sunnite de l’Irak la plus dure et la plus ostracisée […] Les représentants américains lui reprocheront notamment d’oublier les chiites, les Kurdes et les sunnites modérés dans son travail (Le Monde, 12 avril 2013). »
En charge des relations avec le Parlement européen comme collaborateur à titre officieux du secrétaire d’État Pierre Bernard-Reymond (1979), tout en étant conseiller à Luxembourg en 1979, il devient deuxième conseiller (questions militaires) à Rome (…)

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