Béziers : peur sur les urnes

Béziers : peur sur les urnes

Sondage en ligne réalisé par le Midi libre suite au retrait de Raymond Courderc comme tête de liste UMP pour les élections municipales à Béziers. Crédit photo : DR

25/08/2016 – 16h00
BEZIERS (NOVOpress) –
C’est un bel exercice de passe-passe auquel ont pu assister les soutiens biterrois de Raymond Couderc samedi dernier. Le maire sortant, réunissant les partisans et sympathisants de son association « Vive Béziers », a annoncé, trémolos dans la voix et l’œil humide, son intention de ne pas briguer un quatrième mandat en 2014 et aussi rassurer ses fans, ce n’est pas un problème de santé qui a motivé sa décision. Et en bon magicien, il a sorti du chapeau pour le remplacer au pied levé, le député biterrois Elie Aboud, son ancien premier adjoint ! Surprenant pour quelqu’un qui annonce depuis deux ans vouloir repartir à la conquête des urnes.

Mais les ficelles sont un peu grosses. Malgré les dénégations, c’est un départ qui n’en a que le nom. Raymond Couderc reste présent au sein de l’équipe municipale et surtout garde son fauteuil de président de la communauté d’agglomération Béziers-Méditerranée, fauteuil qu’il occupe depuis la création de la collectivité en 2002. Poste clé, quand on connait la puissance des intercommunalités…

Quant à Elie Aboud, n’a-t-il pas été premier adjoint de Raymond Couderc pendant plusieurs années, votant l’intégralité de ses décisions et démissionnant de ce poste il y a quelques mois… car opposé au cumul des mandats.

On peut donc se poser légitimement la question : à quoi rime donc ce ridicule numéro de siège musical ? Tout simplement à faire croire à un utopique changement dans l’exécutif local, on prend les mêmes, on bat les cartes et… sur un malentendu. De toute façon, à croire ces élus, les électeurs seraient des veaux, ils n’y verront que du feu.

La véritable raison de ce numéro: c’est la peur. La peur de la sanction des urnes. La peur de perdre ses avantages et passe-droit « durement » acquis depuis plusieurs décennies. La peur d’être battu ! Et cette peur a un nom : Ménard. Robert Ménard.

L’arrivée de Robert Ménard dans la course à la mairie de Béziers, un choc pour les caciques locaux. L’ancien patron de Reporter sans Frontière ne mâche pas ses mots quand il s’agit de pointer les échecs de la politique du maire, qui a réussi l’exploit de transformer sa cité en ville du Tiers-Monde. De Plus, Robert Ménard a reçu le soutien du Front national. Et ce n’est pas rien, dans cette ville où le FN fait des scores de plus en plus importants (comme dans le pays du reste, d’ailleurs). Et surtout, les propositions concrètes et réalistes du candidat trouvent échos auprès d’une population demandeuse d’un véritable changement sur le fond comme la forme.

Les Biterrois ne sont pas dupes, comme le montre le sondage du Midi Libre de samedi et pourraient bien faire payer ce mauvais numéro de prestidigitation à ces actuels élus. La chaise musicale, il n’y qu’un seul gagnant. Les autres, ils finissent le cul par terre !