La Ligue des droits de l’Homme s’interroge sur l’utilisation de la police et de la gendarmerie lors de manifestations (mais opère un tri très sélectif…)

La Ligue des droits de l’Homme s’interroge sur l’utilisation de la police et de la gendarmerie lors de manifestations (mais opère un tri très sélectif…)

Le temps des rafles : manifestants opposés au mariage homosexuel emmenés au dépôt. Crédit photo : DR

31/05/2013 – 14h00
NANTES (NOVOpress Breizh) –
Lors de son assemblée générale qui s’est tenue la semaine dernière, la section de Nantes de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) a déclaré observer « l’affaiblissement du politique, les tentations xénophobes et racistes, ou encore des problèmes de libertés publiques » (Ouest-France, 25/05/13).

Concernant la question des libertés publiques, la vénérable ligue de vertu cite en exemple les interpellations musclées de manifestants…anti-aéroport. « Ces faits, répétés, posent la question du droit de manifester » remarque la LDH qui évoque également la « disproportion » des moyens engagés par les forces de police lors de manifestations…de soutien aux immigrés clandestins. Selon un militant, «quand l’action de la police n’est plus comprise, quand la population n’a plus confiance, il y a danger pour la démocratie » (Ouest-France, 25/05/13).

Etonnamment, la Ligue des droits de l’Homme n’évoque à aucun moment la répression qui s’est abattue depuis six mois sur les opposants au mariage homosexuel. De la douzaine de personnes verbalisées le lundi de Pâques au jardin du Luxembourg pour avoir eu l’audace de porter un sweat-shirt avec le symbole de la Manif pour Tous aux arrestations arbitraires de veilleurs, les exemples abondent pourtant. Quant à la disproportion des moyens engagés par les forces de police lors de manifestations, tout le monde se souvient du millier de policiers mobilisés le 28 mars dernier lors de l’intervention de François Hollande dans les locaux de France Télévision. Si prompte d’habitude à dénoncer les atteintes aux libertés publiques, la LDH est restée obstinément muette sur ce sujet.

Pour mémoire, depuis l’assemblée générale de la ligue de vertu nantaise, 293 personnes ont encore été arrêtées dimanche à Paris en marge de La Manif pour Tous, et 231 placées en garde à vue. La veille près de soixante personnes avaient été interpellées sur les Champs-Elysées et conduites dans un commissariat du 18ème arrondissement. Et lundi ce sont 93 opposants au mariage homosexuel qui ont été interpellés –  dont deux placés en garde à vue – en marge d’une manifestation spontanée à proximité du lycée Buffon à Paris. De quoi s’interroger, effectivement, sur l’exercice du droit de manifestation dans la France de Monsieur Hollande. Mais la LDH préfère garder un silence qui pourrait passer pour de la complicité.

Plus courageux, Luca Volontè, président de groupe PPE à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, s’est déclaré inquiet de ces atteintes répétées aux droits de l’homme. Le parlementaire italien a saisi, le 25 avril dernier, le Comité des ministres du Conseil de l’Europe à propos des violences policières dont sont victimes, en France, les manifestants opposés au mariage homosexuel. Comme le dit si bien la Ligue des droits de l’Homme « quand la population n’a plus confiance, il y a danger pour la démocratie. » Effectivement.