Claude Guéant a besoin d’un bon avocat fiscaliste

Claude Guéant a besoin d’un bon avocat fiscaliste

21/05/2013 – 14h00
PARIS (NOVOpress Breizh) –
On le sait, Claude Guéant est dans une mauvaise passe. Ses activités de marchand de tableaux pourraient lui valoir des ennuis pour des sommes ni fiscalisées ni déclarées. Car il y a de la fraude fiscale dans l’air et de l’« oubli » de déclaration auprès des Douanes et de la Direction des musées nationaux. C’est ainsi.

Dans ces conditions, les qualités d’ancien préfet de Bretagne, d’ancien directeur général de la Police nationale, d’ancien directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur, d’ancien secrétaire général de la présidence de la République, d’ancien ministre de l’Intérieur ne suffiront pas pour l’aider à se tirer de ce mauvais pas. Il a besoin d’un bon avocat fiscaliste, solide, sérieux, capable de tenir la dragée haute aux rapaces du fisc.

Il semble tout trouvé et s’appelle François Guéant, fils de son père, devenu avocat fiscaliste après que ses tentatives d’entrer en politique aient été sanctionnées par l’échec. Pourtant le père – homme tout puissant à l’époque – avait choisi pour le fils un coin supposé tranquille en Bretagne, avec des notables aux ordres et une population fort peu révolutionnaire, au cœur du pays gallo. Mais qu’importe, le rejet fut total et le parachuté battu aux cantonales à La Gacilly et aux législatives à Ploërmel.

Il fallait donc songer à la reconversion de Guéant junior qui, jusqu’alors, avait bénéficié de jobs de complaisance dans les ministères et à l’UMP. Papa Guéant intervient donc une nouvelle fois. A la recherche d’un emploi après avoir été renvoyé dans ses foyers aux élections législatives par le peuple de Boulogne-Billancourt, il a ouvert un cabinet d’avocat avenue George V, en face du Plazza Athénée, à Paris. Claude Guéant embauche donc François Guéant, 38 ans, fiscaliste, licencié en droit, « lauréat de la fac d’Assas » (sic). Avec le solide carnet d’adresse du père, le cabinet « Guéant avocats » doit faire des miracles. « J’ai créé ce cabinet parce que je souhaitais m’occuper, mais je veux aussi le démarrer pour que mon fils prenne un peu de clientèle », explique Claude Guéant (Le Monde, 08/05/2013).

François Guéant peut donc démarrer en force sa carrière professionnelle grâce à ce dossier très médiatisé (Le Canard enchaîné marque Guéant père à la culotte). Un dossier qui sort de l’ordinaire puisque lié à une personnalité éminente de la République. Un dossier à rebondissements car susceptible de donner quelques coups de projecteur sur le financement de la machine sarkozyste.

La gloire est donc assurée pour François Guéant. En cas d’échec il lui restera toujours la possibilité de se retirer à Ploërmel et d’ouvrir un cabinet place de la Mairie ou place d’Armes – le loyer est moins élevé qu’avenue George V et les clients plus nombreux (conduite en état d’ivresse, excès de vitesse, non paiement de pension alimentaire…). La vraie vie !

Paul Le Guen

Crédit photo : Crédit photo : Claude Guéant via Wikimedia (cc)