Scandale en Sardaigne : un curé contre « le mélange des races », l’évêque lance une enquête

Scandale en Sardaigne : un curé contre « le mélange des races », l’évêque lance une enquête

05/05/12 – 18h00
CAGLIARI (NOVOpress)
– En Italie, c’est la nouvelle occupation des inquisiteurs de l’antiracisme : traquer sur Internet les commentaires suscités par la nomination de la militante immigrationniste congolaise Cécile Kyenge Kashetu comme ministre de la Coopération internationale et de l’intégration.

Dernière abomination découverte, une question posée sur sa page Facebook (désormais supprimée) par l’abbé Alessandro Loi (image en Une), curé de Lotzorai, un bourg de 2.000 habitants sur la côte est de la Sardaigne. « Y avait-il vraiment besoin d’une ministre de couleur ? Avec tout le respect que mérite la dame ». Selon le quotidien régional, L’Unione Sarda, ce post « déchaîne immédiatement la fin du monde. Virtuel, s’entend ».

Face à l’avalanche des commentaires, l’abbé Loi précise ensuite sa pensée : « Le ministre veut une Italie d’immigrés, nous nous rêvons d’une Italie d’Italiens. Les immigrés doivent être aidés dans leur pays d’origine ». Et encore : « Être accueillants ne veut pas dire ouvrir tout grand les portes et ne pas avoir de frontières ». « Je ne suis pas raciste mais mélanger les races est dangereux ».

Interrogé par la télévision régionale Videolina, l’ecclésiastique de 65 ans a refusé de battre en retraite, tout en rejetant catégoriquement les accusations de racisme. « Beaucoup de gens s’interrogent sur l’opportunité d’une telle nomination, a-t-il affirmé, ils ne le disent peut-être pas mais ils s’interrogent ».


Les propos de l’abbé Loi ont été vivement dénoncés par le député de gauche Michele Piras, pour qui, avec la nomination de Cécile Kyenge, « notre pays lui aussi fait enfin un pas vers le multiculturalisme et la reconnaissance des droits des migrants ». « Nous nous demandons, a-t-il ajouté, ce que pensent l’évêque et le pape François d’une contradiction si criante avec le message évangélique ».

L’ecclésiastique a aussi été attaqué par un de ses confrères, l’abbé Floribert Kiala, originaire du Congo comme Cécile Kyenge, et qui vient d’arriver dans le diocèse comme vicaire. Selon lui, « c’est honteux. Et si celui qui dit cela est un prêtre, c’est encore plus honteux ». L’abbé Kiala, qui semble avoir des notions assez confuses sur la géographie et les institutions américaines, invoque le modèle d’Obama « qui est né à Honolulu et qui est ensuite devenu président des États-Unis. Quand on choisit un pays, on l’aime et on travaille pour l’améliorer, comme l’a fait Mme Kyenge ».

Le curé a été convoqué par l’évêque de Lanusei (le petit diocèse dont fait partie Lotzorai), Mgr Antioco Piseddu. Sans attendre cette rencontre, le prélat a annoncé à la presse qu’il allait « établir une commission d’enquête pour évaluer au mieux les actes du curé ». Il s’est « hâté de préciser : “Qu’il soit clair que la position de l’abbé Loi n’est pas la nôtre. Nous ne sommes pas d’accord avec lui et je n’aurais jamais imaginé qu’il ait des idées pareilles. J’ai appelé aussi l’abbé Floribert Kiala pour lui dire que j’étais proche de lui” ». L’évêque, qui sera à Rome le 17 mai prochain pour rencontrer le pape François, espère que « le diocèse aura tiré l’affaire au clair d’ici là ».

Crédit image : Copie d’écran de la vidéo dans le texte. DR.