Féminisme + intégrisme = Denim - par Philippe Carlin

Féminisme + intégrisme = Denim – par Philippe Carlin

01/05/2013 – 15h00
PARIS (via Belle et Rebelle) –
Brigitte Bardot et Sylvie Vartan, photographiées en jean’s en décembre 1967 par Jean-Marie Périer à Marbella, faisaient icônes de belles rebelles. La mode était à la Femme (Dieu a fait Eve et Roger Vadim est son prophète), aux jupes ondulantes et aux robes légères, aux cheveux longs et libres, à la moto sans casque, aux pieds nus ou aux spartiates, aux fleurs à la bouche.

Une belle fille en jean’s, c’était beau parce que nouveau, classe parce que bien porté, libéré parce que de libre choix. Comme tous les vieux, vous me voyez venir, je vais vous raconter que c’était mieux avant. Je confirme. Mais lorsque je vois cette photo et le commentaire qui l’accompagne, je rêve aussi que demain sera mieux qu’aujourd’hui.

Parce qu’aujourd’hui, le jean est devenu uniforme et informe.

Parce que les filles, consciemment ou pas, ont ingéré le poison féministe et islamiste, deux intégrismes naturellement opposés mais objectivement alliés le temps d’une mutation sociale (ils feront et règleront leurs comptes plus tard, sur les ruines de la civilisation).

Uniforme parce que les féministes leur ont martelé qu’elles doivent devenir des hommes comme les autres.

Informe parce qu’on leur a expliqué que la féminitude est synonyme de turpitudes.

Ce n’est pas par coïncidence ou confort que les Femen sont en jean : féministes oui, féminines, surtout pas.

La jupe, ce n’est pas la mini-jupe par-dessus le jean, cela c’est une armure. Ce n’est pas la tunique ou l’abaya, qui sont autant d’uniformes informes. La jupe, jusqu’aux pieds façon princesse ou au bas des reins manière Fée Clochette (ou Xena), c’est la jupe, et pas autre chose.

Le jean, pour monter au combat et ruer sur des CRS ou faire sitting sur le pavé humide, oui, ça vaut mieux. Alors le jean se justifie, il devient l’uniforme de la guerrière menant bataille pour reprendre ses droits et ses privilèges de fille.

Bref, j’ai décidé de ne plus jamais m’intéresser aux femmes en jean.

Il est vrai, aussi, qu’elles ne s’intéressent pas à moi. Elles préfèrent les hommes en jupon.

Philippe Carlin,
L’Intrus