Municipales de Nantes : deux parachutes pour un siège

Municipales de Nantes : deux parachutes pour un siège

28/04/2013 – 17H20
NANTES (NOVOpress Breizh) –
La préparation des municipales à Nantes prend un tour étrange. Jean-Marc Ayrault vient d’annoncer qu’il ne serait pas candidat à gauche, mais certains ont du mal à y croire. Marie-Anne Montchamp a presque annoncé qu’elle serait candidate à droite… mais certains ont aussi du mal à y croire.

« Ayrault renonce à la mairie de Nantes », « Ayrault ne sera pas candidat » : ces titres publiés samedi dans Ouest France ont provoqué des remous divers dans la cité des Ducs. Jean-Marc Ayrault (à gauche sur la photo), considèrent beaucoup, détient la clé des élections municipales de 2014. Très conservateur (du temps où le conservatisme était « de droite » comme aujourd’hui où il est « de gauche »), l’électorat de la ville a presque toujours privilégié les sortants. Mais quand les sortants ne sont plus là, tout peut arriver…

« Je ne serai pas candidat aux prochaines élections municipales à Nantes, ni comme tête de liste ni comme simple conseiller municipal », a dit le Premier ministre à Ouest France, invoquant son complet dévouement à sa mission à la tête du gouvernement. « Il lui était difficile de dire autre chose », note cependant un observateur nantais. « À cause de l’interdiction du cumul des mandats, il ne pouvait pas jouer à la fois l’hôtel Matignon et la mairie de Nantes. En annonçant qu’il ne sera pas candidat aux municipales, il annonce en creux qu’il compte demeurer Premier ministre. Mais si le gouvernement continue à partir en vrille, il risque de se faire éjecter en vol, et Nantes resterait pour lui un parachute assez sûr. »

Les socialistes nantais prennent donc la nouvelle avec un grain de sel. Certains, d’ailleurs, ne seraient pas fâchés de voir revenir Jean-Marc Ayrault tant les deux candidats les plus sérieusement envisagés sont loin de faire l’unanimité : Johanna Rolland, imposée par l’ancien maire, est réputée aimable comme une porte de prison, et Pascal Bolo, fonctionnaire des impôts, n’est pas plus apprécié.

Marie-Anne Montchamp

Marie-Anne Montchamp

Si à gauche on songe à un parachute de secours pour Jean-Marc Ayrault, à droite on envisage un parachute d’assaut pour Marie-Anne Montchamp, candidate presque déclarée selon Presse Océan. Cette perspective n’enthousiasme pas du tout l’UMP locale. Totalement inconnue, Marie-Anne Montchamp, 55 ans, a été secrétaire d’État pendant quatorze mois sous Chirac et dix-huit mois sous Sarkozy. Née en Corrèze, elle a été un temps députée du Val-de-Marne puis a tenté de se faire élire comme députée des Français de l’étranger en 2012 ; dans une circonscription, le Benelux, où Nicolas Sarkozy venait d’obtenir une large majorité des voix, elle a été battue par le candidat socialiste. Aujourd’hui, elle est simplement conseillère municipale de Nogent-sur-Marne après avoir tenté sans succès de conquérir la mairie. Un temps dissidente de l’UMP, un temps villepiniste, elle soutient à présent Jean-François Copé.

« J’ai du mal à y croire », dit un sympathisant UMP nantais. « En l’absence de Jean-Marc Ayrault aux municipales, nous avions enfin une petite chance. Pourquoi la gâcher ? Soit l’UMP marche sur la tête… soit Montchamp est une diversion pour préparer le lancement d’une candidature plus sérieuse. »

Crédit photo : Parti Socialiste, licence CC, via Flickr. Anne-Marie Montchamp, Audit&Oil, licence CC, via Wikimedia.