Italie : « Qu’ils aillent pisser dans leurs mosquées ! », le maire condamné pour incitation à la haine raciale

Italie : « Qu’ils aillent pisser dans leurs mosquées ! », le maire condamné pour incitation à la haine raciale

23/04/2013 – 16h00
TREVISE (NOVOpress) – On le surnomme « le shérif ». Giancarlo Gentilini, de la Ligue du Nord, a été maire de Trévise, en Vénétie, de 1994 à 2003. La loi italienne interdisant d’effectuer trois mandats consécutifs, il est devenu premier adjoint. Il se représente comme maire aux prochaines élections municipales, en mai-juin prochains.

À la Ligue du Nord, on aime parler fort – certains diront qu’on y aboie plus qu’on n’y mord. Mais, même par rapport à la moyenne ligueuse, « le shérif » fait, si l’on ose dire, dans la grosse artillerie.

En septembre 2008, lors de la Fête des peuples padans à Venise, il avait présenté ce qu’il avait appelé « l’évangile selon Gentilini, le décalogue du premier maire shérif ». Scandant « Je veux la révolution », il avait notamment déclaré : « Je veux la révolution contre ceux qui veulent ouvrir des mosquées et des centres islamiques. Y compris les membres de la hiérarchie ecclésiastique, qui disent : laisons-les prier. Non, qu’ils aillent prier dans le désert ! J’ouvrirai une fabrique de tapis pour leur en donner, mais qu’ils aillent prier dans le désert ! Ça suffit. J’ai écrit aussi au pape : que les musulmans retournent dans leurs pays ! »

Et encore : « Je veux la révolution contre les phone centers [centres d’appels internationaux très répandus en Italie () et essentiellement tenus par des immigrés, N.d.T], dont les clients se mettent à manger au milieu de la nuit et vont ensuite pisser sur les murs : qu’ils aillent pisser dans leurs mosquées ! »

Ces propos avaient valu au ligueur un éditorial indigné de l’Avvenire, le quotidien de la Conférence épiscopale italienne (sous le titre « Abdoul, notre frère »), tandis que le parquet de Venise ouvrait une information judiciaire pour « incitation à la haine raciale ». Lors du procès, en octobre 2009, le procureur avait requis 6.000 euros d’amende et un an et cinq mois de prison. Le tribunal n’était quand même pas allé jusque là, mais Gentilini avait été condamné à une amende de 4.000 euros et, surtout, à l’interdiction de participer à aucune réunion publique pendant trois ans.

Le shérif de la Ligue du Nord avait fait appel. La Cour d’appel de Venise vient de confirmer la condamnation, avec les mêmes peines qu’en première instance. Gentilini est définitivement condamné au silence pour trois ans.