L'idéologie du genre, un phénomène qui nous est tombé du ciel ?

L’idéologie du genre, un phénomène qui nous est tombé du ciel ?

22/04/2013 – 17h10
PARIS (NOVOpress) – La fameuse idéologie du genre… Depuis peu, on ne cesse d’en parler. On s’offusque. On se demande vers quoi l’on va. Comme s’il s’agissait d’un phénomène nouveau et catastrophique qui menace l’avenir des enfants. Cependant, cette théorie est déjà une réalité dans l’éducation, et ce dès l’école primaire.

Et c’est surtout au travers de la littérature de jeunesse qu’elle est véhiculée. Vous savez, ces petites histoires qu’on lit à l’école et qui nous paraissent tellement innocentes !

Bien sûr, la théorie n’est qu’assez rarement abordée clairement dans les livres de jeunesse. En tout cas dans les listes de référence proposées par l’Education nationale. Mais cela commence par imprégner les enfants d’une mentalité : une mentalité qui met en doute la nature, le physique et la réalité, et qui peu à peu entraine à croire que toutes les aberrations sont normales.

Si l’on observe cette fameuse liste proposée par l’Education nationale (réédition de 2013), et dans laquelle les enseignants piochent les ouvrages qu’ils étudient en classe, tout dans ces histoires nous amène à croire que la réalité qu’on connaît n’est en fait qu’apparence.

Nature inversée et chamboulée
Dans ces histoires par exemple, les loups sont gentils, ils ne cherchent pas à dévorer les enfants, mais ils veulent les sauver. Les sorcières quant à elles ne sont que des personnes un peu farfelues et originales. La nature y est presque toujours inversée et chamboulée : les livres se lisent parfois dans l’autre sens, c’est le crayon qui dessine l’enfant, et non l’enfant qui utilise le crayon ; quant au renard, s’il kidnappe une poule ce n’est pas pour la dévorer, mais pour l’épouser. Ailleurs, on prend un éléphant pour un chat, on rencontre un escargot rapide, et un chien bleu, et au détour d’un chemin on se retrouve face à trois gentils loups menacés par un gros méchant cochon.

Bref, parmi toutes ces histoires où l’on nous fait prendre des vessies pour des lanternes, les contes un peu plus naturels, où la princesse cherche son prince charmant et où la petite fille a peur du loup, font figure d’exception et se limitent d’ailleurs aux contes de Perrault, de Grimm ou d’Andersen que l’Education nationale a quand même daignés intégrer dans la liste. Bien évidemment, toutes ces histoires ne seraient rien, s’il n’y en avait qu’une de temps en temps, mais c’est loin d’être le cas, et c’est au contraire les récits s’appuyant sur la logique qui se font rares.

D’un point de vue philosophique, à partir du moment où on ne rencontre que des récits où la nature est chamboulée, cela finit par apparaître normal. Quand on a l’habitude de voir des renards se mettre en couple avec des lapins, de prendre un lion pour un animal de compagnie, quoi de plus facile que d’expliquer aux enfants que les différences sexuelles ne sont-elles aussi qu’apparence ?

La réalité sacrifiée sur l’autel de l’imagination
De plus, un autre registre de livres de cette fameuse liste voit également la réalité se transformer suivant l’imagination de l’enfant héros de la fiction, un peu comme s’il pouvait choisir sa propre réalité. Le lecteur est donc porté à s’imaginer qu’il n’est pas soumis à la nature physique, qu’il n’est pas obligé de s’y conformer, et que sa volonté peut choisir une réalité qui lui conviendrait à lui seul.

D’ailleurs dans la grande majorité de ces ouvrages proposés par l’Education nationale, la moralité n’est pas dite clairement, tout est suggéré, l’enfant doit apprendre à lire entre les lignes, on le pousse à se lancer dans un cheminement intellectuel pour lui faire trouver lui-même les conclusions auxquelles on souhaite qu’il aboutisse.

Au travers de cette liste donc, rien n’est abordé franchement, mais on pousse l’enfant à obtenir une tournure de pensée qui ensuite logiquement aboutira vers le genre -notamment. Mais ces livres proposés officiellement par l’Education nationale ne sont pas les seuls que l’enfant a entre les mains. En général, ces lectures sont prolongées par des ouvertures faites par l’enseignant sur d’autres livres, ou alors par des emprunts de livres à la bibliothèque de l’école. Et cette fois, ces livres sont largement plus nauséabonds. En tout cas, cela apparaît clairement.

Plus d’hommes ou de femmes mais que des individus
Pour connaître un peu les livres qui composent en général les bibliothèques des écoles primaires, il faut aller sur les sites du CRDP (Centre régional de documentation pédagogique) : il en existe un par région. Je suis par exemple tombée sur le site du CRDP Toulouse, qui a monté un dossier sur le thème « Littérature de jeunesse : pour une égalité fille/garçon ». Dans ce dossier, on nous propose toute une série de livres sur des thèmes un peu différents, mais qui s’articulent, et qui sont conséquences les uns des autres : le premier thème est bien entendu celui de l’égalité fille/garçon, qui se confond souvent avec une indifférenciation fille/garçon, le monde est composé uniquement d’individus tous différents, et non plus d’hommes et de femmes.

Par exemple, dans « Histoire vraie des bonobos à lunettes », au début les mâles voyagent et se cultivent, tandis que les femelles sont obligées de s’occuper des enfants. Les femelles alors se révoltent, et décident de ne plus rien faire. A la fin, les mâles comprennent, et la société des bonobos devient matriarcale, et chacun y trouve sa place.

Dans plusieurs autres livres, un effort est fait pour montrer les injustices de comportement à l’égard des filles, et conclure que finalement filles et garçons sont pareils.

Par exemple dans « La nouvelle robe de Bill », un petit garçon se réveille un matin dans la peau d’une fille, et est étonné que le comportement de ses amis changent à son égard.

Refus d’identité
Un deuxième thème aborde celui du mal-être de petites filles qui ne se sentent pas tellement fille, et qui ont des goûts de garçons. Ces garçons manqués contribuent à changer peu à peu le regard que les garçons portent sur les filles, et à leur faire comprendre que filles ou garçons peuvent avoir les mêmes activités. C’est le cas notamment de « Mademoiselle Zazie a-t-elle un zizi ? » : pour Max, la nature est divisée entre les avec-zizi et sans-zizi, et lorsqu’il rencontre Zazie, une sans-zizi qui joue au foot, grimpe aux arbres, et se bagarrent encore mieux que les garçons, ses préjugés tombent à l’oubliette, et sa vision des choses est chamboulée.

Ce mal-être que peuvent ressentir certaines filles face à leur nature peut aller encore plus loin, et les pousser à un refus de leur identité, comme par exemple dans « La fille qui voulait être un garçon », ou « J’ai décidé de m’appeler Dominique ». Dans cette histoire, Emilie, pour attirer l’attention de ses parents, décide de changer d’identité. Enfin de là, on aboutit peu à peu au thème de l’homosexualité, conséquence de cette théorie du genre : si garçons et filles sont pareils et interchangeables, si chacun a la possibilité de créer sa propre nature, alors lorsque l’on tombe amoureux ce n’est plus d’un homme ou d’une femme, mais d’un être, d’un individu indéterminé au départ, et qui se construit suivant ses propres désirs.

Ainsi dans « L’heure des parents », l’on rencontre toutes sortes de couples de parents différents : le couple est une notion qui se conjugue à toutes les personnes et à tous les temps, cela peut-être un papa et une maman, deux papas, deux mamans, ou un papa seul et une maman seule : de plus ces couples ne sont pas éternels, ils peuvent changer. « Je ne suis pas une fille à papa » est le récit d’une petite fille qui a deux mamans, et « Je me marierai avec Anna », l’histoire d’une enfant qui en a assez que sa maman lui demande si elle a un amoureux et qui avoue que plus tard, c’est avec Anna qu’elle voudra se marier. A partir du moment où il n’y a que des êtres indifférenciés et que seul l’amour compte, on se demande un peu jusqu’où cela peut aller. Par exemple « Je suis amoureux d’un tigre » est le conte d’un enfant vietnamien amoureux d’une Japonaise qui se prend pour un tigre. Le garçon se met donc à s’inventer une vie et s’imagine être un lion.

Les histoires farfelues de ce genre sont encore nombreuses. Bien sûr, les bibliothèques ne sont pas composées uniquement de ce genre d’écrits, mais il faut avoir conscience que dans les bibliothèques municipales, ou des écoles, un enfant peut très bien se retrouver avec cela entre les mains. De plus il suffit que l’enseignante ait décidé de faire une séquence de cours sur l’égalité fille/garçon, thème plus qu’encouragé, et vous êtes dedans !

Marie Vermande,
rédactrice du webzine féminin non conforme Belle et Rebelle