Menaces sur la souveraineté alimentaire des Européens ?

Menaces sur la souveraineté alimentaire des Européens ?

20/04/2013 – 12h00
PARIS (NOVOpress Breizh) –
Soutenu activement par Barack Obama et Angela Merkel, le projet de marché transatlantique, outre qu’il porterait atteinte à la qualité de notre alimentation et à notre souveraineté alimentaire, accélérerait le processus d’américanisation culturelle, économique et sociale des sociétés européennes. Libéral-mondialisme oblige, un sujet que la classe politique française se garde bien d’aborder ouvertement.

Dans son numéro du 26 Février dernier Der Spiegel fait état des problèmes soulevés par le projet de marché transatlantique – soutenu activement par le président des Etats-Unis et la chancelière allemande  –  dont l’ouverture des négociations a été officiellement annoncée.

Le quotidien allemand souligne que ce projet va cristalliser la fureur des Européens et tout particulièrement celle des paysans qui voient à juste titre dans ce projet une sérieuse menace pour l’avenir de leur agriculture. Si cet accord était finalisé, celle-ci subirait de plein fouet la concurrence de l’agro-business américain.

Un des buts essentiels de cet accord est en effet de permettre aux USA de pénétrer le marché agro-alimentaire européen. Si ce dernier a été, jusqu’à présent, protégé de l’invasion des viandes bovines aux hormones et des viandes de volailles chlorées – l’essentiel du bétail étant de surcroît nourri avec des végétaux OGM – grâce à une réglementation sanitaire protectrice, celle-ci pourrait disparaître.

Dans son bulletin du 15 Avril, le think tank européen LEAP écrit que cet accord de libre-échange fait partie d’un ensemble d’accords de ce type que les USA essaient d’imposer, espérant ainsi retrouver une croissance de plus en plus évanescente . LEAP pense que ce projet n’aboutira pas parce qu’il y aura trop de difficultés à lever pour y parvenir mais, compte tenu de la détermination des principaux dirigeants politiques et économiques européens et américains, il est permis d’avoir des craintes.

Intervenant mardi dernier sur France Culture avec Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, l’économiste Jacques Sapir a  de son côté dénoncé ce projet d’accord qui risque d’entraîner une grande quantité de délocalisations d’industries vers les Etats-Unis du fait de la valeur trop élevée de l’euro et de la grande faiblesse des salaires américains qui ont beaucoup baissé depuis 2008. Inconditionnelle du libre-échange et de la mondialisation, Madame Bricq s’est déclarée de son côté favorable au projet de marché transatlantique. Ce qui est tout, sauf une surprise.

F.A.

Crédit photo :  A.C. Cunningham, San Fransisco, California via Wikimedia (domaine public).