Haut conseil des finances publiques : le programme de stabilité du gouvernement n’est pas crédible

Haut conseil des finances publiques : le programme de stabilité du gouvernement n’est pas crédible

Photo : Didier Migaud, président du Haut conseil des finances publiques et de la Cour des Comptes, il était auparavant député du Parti Socialiste.

18/04/2013 – 18h30
PARIS (NOVOpress via Bulletin de réinformation) –
Le gouvernement français a remis hier sa copie à la Commission européenne : il s’agit de son programme de stabilité, qui détaille son projet de retour à l’équilibre des finances publiques. Mais le rapport du Haut conseil des finances publiques ne le rend pas crédible.

Selon le programme de stabilité, l’équilibre des comptes publics n’est pourtant prévu qu’à long terme…

Le dernier plan du gouvernement prévoit 2,9% de déficit en 2014, avant de s’orienter progressivement vers l’équilibre. Mais pas tout de suite, car la faible croissance empêche de résorber la part conjoncturelle du déficit français. Dans l’immédiat, c’est sur le déficit structurel que le gouvernement veut porter ses efforts : à compter de 2016, le ministre des Finances promet que les administrations publiques ne vivront plus au-dessus de leurs moyens.

Quels sont les leviers de redressement sur lesquels Bercy fonde ses espoirs ?

Les prévisions gouvernementales sont presque systématiquement démenties par la réalité. François Fillon avait déjà annoncé, en 2007, des comptes à l’équilibre d’ici cinq ans, un engagement, et c’est peu de le dire, non tenu. Or l’actuel gouvernement et ses conseillers prévoient une amélioration inédite et spectaculaire des comptes sociaux à partir de 2015. En 2017, sécurité sociale, caisses de retraites complémentaires et d’assurance chômages devraient se situer en excédent… de 12 milliards d’euros, alors que leurs comptes sont aujourd’hui dans le rouge. L’Etat central prévoit quant à lui de geler ses dépenses ; mais le gouvernement ne précise pas comment l’Etat fera pour assumer ses missions avec des moyens toujours plus limités. Quant aux prélèvements obligatoires, ils pourraient ponctionner 46,5% de la richesse créée l’an prochain, à un niveau toujours plus élevé.

Qu’en pense le Haut conseil des finances publiques ?

L’ambiance y est moins optimiste. Cette nouvelle autorité, dirigée pourtant par le socialiste Didier Migaud, a publié avant-hier son premier rapport public, qui est alarmant. La France pourrait selon lui être en situation de récession en 2013, avec une économie très à la peine l’an prochain. Chômage en hausse, ponction fiscale en pleine explosion, exportations françaises en berne : le contexte se prêterait peu à une augmentation de la consommation des ménages et de la croissance. De quoi tempérer les doux espoirs nourris à Bercy en matière de reprise économique.

Crédit photo : Serge-Henri Bouvet, via Wikipédia (cc).