Modulation des allocations familiales : plus d’expatriation des Français, plus d’immigration d’étrangers

Modulation des allocations familiales : plus d’expatriation des Français, plus d’immigration d’étrangers

Ci-dessus : dessin de Konk, des Français quittent la France mais “Heureusement on…”

Face aux projets du gouvernement de moduler les allocations familiales en fonction des revenus après la parution du rapport Fragonard, Jean Paul Gourévitch, consultant international et spécialiste de l’Afrique et des migrations, s’est interrogé, dans Economie Matin, sur l’effet que pourrait avoir la réforme des allocations familiales sur la démographie (le texte de Jean-Paul Gourevich est reproduit in extenso en deuxième partie).
André Posokhov.


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I – Fécondité : ce qui compte, c’est le revenu relatif des familles

Rappelons que Polémia a fait paraître sur son site, le 15 avril 2003, une contribution sur la théorie du « revenu relatif » Au-delà des retraites : l’implosion démographique. Selon cette théorie, établie par le démographe Philippe Bourcier de Carbon, la seule augmentation quantitative du revenu de la famille ne suffit pas à soutenir ou à relancer la fécondité. Ce qu’il s’agit de prendre en compte c’est le revenu relatif des familles, c’est-à-dire leur revenu objectif comparé aux autres revenus et leur niveau de vie par rapport à leur environnement [par rapport aux personnes de même catégorie socio-économique avec pas ou peu d’enfants]. Cet article de Polémia évoque la dérive de la société française qui, après avoir donné la priorité aux familles dans les années 1950, a inversé ses priorités et est devenue une société de seniors faite pour les seniors. Pour résoudre le problème démographique qui en résulte, on a vu dans l’immigration la solution des problèmes démographiques. Cette tragique erreur ne résout en rien, bien au contraire, le problème de la dégradation du pouvoir d’achat relatif des familles françaises qui constitue la cause première de la dégradation de leur natalité.

Quelques solutions sont proposées. Après avoir évoqué le concept de la « démocratie complétée », c’est-à-dire le vote familial, l’article recommande d’obliger les instituts statistiques à des évaluations suivies des revenus par tranche d’âge au-dessus de 20 ans. Il s’agit de mesurer le niveau de vie réel des familles et donc de doser le niveau des allocations familiales nécessaires à une véritable politique familiale, c’est-à-dire une politique en faveur des jeunes adultes en âge et en situation de procréer. Le calcul de l’impôt ne reposerait pas sur le principe « à revenu égal, taux d’imposition égal », mais « à niveau de vie égal, taux d’imposition égal ». A ce titre le quotient familial n’est pas une faveur accordée aux familles mais bel et bien un droit inaliénable des individus qui la composent. Une politique familiale doit avoir pour objet le renouvellement des populations plus que la transmission d’un certain corpus de valeurs.

Modulation des allocations familiales : plus d’expatriation des Français, plus d’immigration d’étrangers

Bertrand Fragonard (à gauche) remet son rapport à Jean-Marc Ayrault en présence de Dominique Bertinotti et Marisol Touraine.

On sent dans le commentaire de J.-P. Gourévitch l’inquiétude, peut-être même une colère contenue, face aux projets du gouvernement que contestent d’ailleurs des responsables politiques de gauche comme de droite. En effet, ces projets remettent en cause le principe sacré de l’égalité au nom de la double redistribution verticale et horizontale des revenus.

Jean-Paul Gourévitch constate, comme il l’a fait dans les monographies n° 21 et 23 de Contribuables associés, que l’émigration des Français, jeunes pour la plupart, représente un solde négatif annuel, peut-être considéré comme positif par la doxa immigrationniste, de 65.000 personnes. La principale raison est le haut niveau des prélèvements fiscaux et sociaux en France par rapport aux pays d’expatriation. La France voit partir ses meilleurs contribuables.

Au contraire, l’immigration légale comme illégale génère des entrées migratoires nettes de plus de 125.000 personnes [plutôt 180.000, selon Jean-Yves Le Gallou] qui se trouvent renforcées par une fécondité plus grande des femmes d’origine étrangère qui, par ailleurs, reçoivent des aides plus importantes que les Français, tant en valeur absolue qu’en valeur relative.

Les mesures proposées par le gouvernement ne peuvent que favoriser le départ des « autochtones » et constituer un appel d’air pour les immigrants.

[…]

Source et suite de l’article sur : Polémia.

Crédit images :
– desssin de Konk (cc)
– Parti socialiste, via Flickr (cc).