Faits et Documents n°355 du 15 au 30 avril 2013 : "Portrait : Jean-Pierre Michel"

Faits et Documents n°355 du 15 au 30 avril 2013 : “Portrait : Jean-Pierre Michel”

Le nouveau numéro de Faits & Documents du 15 au 30 avril 2013 vient de paraître, avec (entre autres) un portrait édifiant du rapporteur au Sénat de la loi sur le « mariage homosexuel », Jean-Pierre Michel. Extrait.

« Je ne vois pas l’utilité de vous entendre ». C’est ce que Jean-Pierre Michel, rapporteur au Sénat de la loi sur le « mariage homosexuel », a « twitté » aux organisateurs de La Manif pour tous de janvier 2013. Lors de la manifestation du 24 mars, méprisant 1,4 million de manifestants, il « twittait » encore : « Quelques serre-têtes et des jupes plissées pensent sincèrement que nous allons reculer sur le mariage pour tous ! » Sous des dehors patelins, ce sénateur de 74 ans n’en est pas à son coup d’essai. Cofondateur du Syndicat de la magistrature, organisation de magistrats d’extrême gauche, il a été l’un des principaux déstabilisateurs des fondements même de la justice classique, avant d’être le véritable père du PACS que ce « héraut des homos » (Le Monde, 5 avril 2013) défendait dès 1992. On a aussi oublié, en pleine crise Cahuzac, que cet homme de l’ombre, très mal connu, fut à l’origine du fameux et scandaleux amendement amnistiant le délit de blanchiment d’argent sale qui avait financé partis et élections au cours des années 90, sauvant la mise à nombre de dignitaires socialistes faillis.

Faits et Documents n°355 du 15 au 30 avril 2013 : "Portrait : Jean-Pierre Michel"

Faits et Documents n°355 du 15 au 30 avril 2013 : “Portrait : Jean-Pierre Michel”

« Inlassablement, depuis des lustres, il s’est employé à favoriser, de CUC (Contrat d’union civique) en PIC (Pacte d’intérêt commun), de Pacs (Pacte civils de solidarité) en CUCS (Contrat d’union civile et sociale), les homosexuels au détriment de la norme, les familles hétérosexuelles, seules capables d’assurer le renouvellement des générations. »
National Hebdo, 7 mai 1988.

« J’ai toujours été hostile à toutes les discriminations […] Personne ne peut dire de bonne foi que les enfants seront plus mal élevés, insécurisés ou malheureux s’ils sont élevés par des couples homosexuels. »
Le Monde, 6 avril 2013

« Pendant les années 90, M. Michel, alors député, dépose à plusieurs reprises une proposition de loi qui finira par aboutir sur l’adoption du Pacs […] Il est très ouvert à toutes les formes d’homoparentalité, à la procréation médicale assistée pour les lesbiennes et à la gestation pour autrui pour les couples d’hommes. »
Le Monde, 6 avril 2013

Jean-Pierre Michel est né le 5 août 1938 à Nîmes (Gard). Il est le fils d’un pharmacien, Léon Michel, et d’Yvette de Bonadona. Toute la famille est composée de pharmaciens (le père, la mère, le grand-père maternel, le frère). Il a épousé Myriam Fergani (élevée au grade de chevalier de la Légion d’honneur par Jean-Marc Ayrault au titre de 48 ans de service de professorat de droit [à Sceaux] et pour la sauvegarde du patrimoine en mars 2013). Comme l’indiquait Profession politique (2 mai 1989), voient habituellement en coup de vent ».

Il se revendique comme catholique non pratiquant, un oxymore. Passé par les collèges de Tanger et d’Orange, le lycée Corneille de Rouen, la faculté de droit de Lille et l’Institut de criminologie de Lille, il est diplômé de Sciences Po Paris (Service public 1963). Licencié en droit, titulaire d’un DESS de droit public et d’un DESS de criminologie (il est parfois paré du titre de « docteur en droit », ce qu’il n’est pas), il fut élève à l’École nationale de la magistrature de 1966 à 1968 (après avoir été collé à l’Ena). « C’est dans son adolescence à Tanger, où il fréquentait juifs marocains et musulmans qu’il a puisé cette passion pour l’égalité des droits. Devenu étudiant au moment de la guerre d’Algérie, il n’hésite pas à faire le coup de poing contre l’extrême droite (La Croix, 5 avril 2013). »

Militant gauchiste, il cofonda en 1968 le syndicat des «juges rouges» lancé aux lendemains de Mai 1968, le Syndicat de la magistrature, qui se fit rapidement un nom avec des membres comme le juge de Charette ou Pascal, et en fut le secrétaire général de 1970 à 1974. Il sera magistrat au ministère de la Justice (1968-1972), juge à Corbeil (1972-1974), chef de bureau de la législation à la direction des affaires criminelles (1974-1980). En 1974, il est l’un des deux seuls magistrats dont le nom figure dans le comité de soutien à François Mitterrand. La même année, il rejoint le Parti (…)

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Crédit photo en Une : jeanpierremichel.net (DR)