Patrimoine des ministres : Marylise Lebranchu serait-elle un panier percé ?

Patrimoine des ministres : Marylise Lebranchu serait-elle un panier percé ?

16/04/2013 – 14h00
MORLAIX (NOVOpress Breizh) –
La France entière s’est connectée hier soir sur le site web du Premier ministre pour connaître le patrimoine des ministres. Voyeurisme ? Oh ! en fait, il n’y a guère à voir. De toute évidence, la plupart des ministres sont de piètres gestionnaires : ils dilapident des revenus annuels à six chiffres sans économiser grand chose. Car on n’ira pas les soupçonner, bien sûr, d’avoir caché quelque magot non déclaré dans un coffre-fort non transparent.

La « transparence » des patrimoines des ministres causera assurément des déceptions. Ce qui étonne n’est pas la richesse des élus mais au contraire leur relative impécuniosité. Prenons le cas de Marylise Lebranchu, ministre de la Réforme de l’État, de la Décentralisation et de la Fonction publique.

Après des débuts modestes dans la vie politique, elle est devenue maire de Morlaix en 1995, voici quand même dix-huit ans, puis secrétaire d’État et ministre de 1997 à 2002, députée du Finistère de 2002 à 2012 et derechef ministre depuis l’an dernier. Son mari est médecin psychiatre.

Que révèle leur patrimoine immobilier ? Hormis un petit héritage à Loudéac, ils possèdent des maisons à Morlaix et Plougasnou et un appartement à Morlaix. Pas mal à première vue. Mais rien de fastueux cependant, à en juger par les valeurs déclarées (250.000, 200.000 et 135.000 euros). La maison de Morlaix a été achetée en 1987, bien avant que madame ne déboule dans la politique à haut niveau. Une très mauvaise affaire. Sa valeur n’a augmenté que de 28 % en un quart de siècle, bien moins que l’inflation. L’appartement de Morlaix fait à peine mieux : + 12,5 % en dix ans. La villa de Plougasnou a gagné un tiers en douze ans, soit environ 2,5 % par an, ce qui reste bien inférieur au marché. Ces propriétaires n’ont pas eu la main heureuse. (Il y a pire : l’appartement de Benoît Hamon à Brest n’a gagné que 5 % en six ans.)

M. et Mme Lebranchu sont-ils plus doués pour choisir leurs placements mobiliers ? Il ne semble pas. Inférieurs à 90.000 euros, ceux-ci sont presque entièrement constitués de liquidités et représentent nettement moins d’une année de recettes d’un député, traitement et indemnités confondus. Le taux d’épargne de Mme Lebranchu est bien inférieur à celui de ses électeurs.

Ce n’est pas qu’elle vive comme une cigale, pourtant : elle roule en Clio et barre un modeste Bénéteau d’une valeur de 2.000 euros. À côté de cela, elle ne possède que 22.000 euros de biens mobiliers divers (meubles, électroménager, bijoux, etc.) : le prix auquel la robe de mariée de Beyoncé a été mise aux enchères voici quelques semaines… Alors quoi ? Champagne et caviar tous les jours au petit déjeuner ?

D’après sa déclaration de patrimoine, pourtant, Mme Lebranchu n’est pas la plus impécunieuse de nos ministres. Au point qu’on se demande si des gens aussi peu doués pour gérer leurs finances personnelles sont bien qualifiés pour gérer le pays entier !

Crédit photo : jyc1 via Wikipédia (cc).