L’affaire Cahuzac, ou la République du mensonge

L’affaire Cahuzac, ou la République du mensonge

13/04/2013 – 10h00
PARIS (NOVOpress via Bulletin de réinformation) 
« Malheur à celui par qui le scandale arrive »… Mais Cahuzac, l’homme par qui le scandale est arrivé, ne semble pas du tout désarçonné.

« On me dit que j’ai menti sur ma situation personnelle. Cela veut dire quoi ? Qu’il y aurait des mensonges indignes et d’autres qui seraient dignes ?» Ainsi, selon le Canard Enchaîné, s’interroge le député du Lot‑et‑Garonne. Et Cahuzac (photo) de préciser sa pensée : « Quand on ment sur ordre, et pour des raisons politiques, à l’Assemblée, est-ce digne ? A ce compte‑là, j’ai menti devant l’Assemblée sur la possibilité de réaliser 3% de déficit en 2013 ».
Le 13 février dernier, Jérôme Cahuzac qui était encore ministre du Budget, avait en effet affirmé en plein hémicycle que le gouvernement fondait son action sur cet objectif, alors même que l’on sait maintenant qu’en privé, il n’en croyait pas un mot, pas plus que le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici. C’est précisément ce que Cahuzac appelle un « mensonge sur ordre »

Et Cahuzac d’enfoncer le clou : « Si tous ceux qui ont menti à la représentation nationale devaient quitter l’hémicycle, il y en aurait des tonnes !»

Cet « ordre de mentir », Cahuzac n’a pu le recevoir que de Moscovici, avec l’assentiment du président de la République. Dès lors, c’est toute la communication du gouvernement qui s’en trouve viciée. Quelle foi accorder dorénavant aux déclarations du président de la République et de son gouvernement, sur quelque sujet que ce soit ? Les récentes mesures sur la « moralisation de la vie politique » annoncées mercredi par François Hollande ont d’ailleurs été accueillies par les Français avec scepticisme, pour le moins, ainsi que le prouve un sondage grandeur nature réalisé en ligne par msn.fr auprès de ses lecteurs. Pierre Moscovici est-il par ailleurs crédible lorsqu’il dément vigoureusement avoir eu connaissance dès la fin décembre des comptes offshore de Cahuzac ?

Parmi les mesures dévoilées mercredi par François Hollande, il y a l’obligation faite aux ministres et élus de rendre public leur patrimoine

« Des mots en l’air » pour Marine Le Pen. Le président PS de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, n’a-t-il pas jugé hier que cette publication du patrimoine n’était « Pas forcément la bonne solution pour permettre un lien de confiance entre les élus et la population ». Et de son côté, Cahuzac entend bien retrouver son mandat de député. Décidément, avec l’Etat-PS, c’est « mensonges et forfaitures » à tous les étages.

Crédit photo : Cyclotron, via Wikipédia, (cc).