Ker-Pinault et la chouette

Ker-Pinault et la chouette

10/04/2013 – 08H00
PARIS (NOVOpress Breizh) –
On avait connu Pinault SA, Pinault-Printemps en 1992, Pinault-Printemps-Redoute en 1994, puis PPR en 2005 ; le groupe fondé par François Pinault deviendra, le 18 juin prochain, « Kering », avec, en logo, une chouette stylisée, oiseau fétiche de celui-ci.

« Ker, en breton, signifie maison », explique François-Henri Pinault (photo), le PDG du groupe. Ce cinquième nom, depuis l’introduction du groupe en bourse, en 1988, correspond donc par sa première syllabe à « un attachement familial », puisque « ma famille est bretonne », poursuit-il. Avec la seconde syllabe, « ing », « là, on s’envole vers l’international », au-delà des frontières hexagonales, où PPR – recentré sur le luxe (Gucci, Yves Saint-Laurent…), ainsi que sur les vêtements de sport et de plein air (Puma, Volcom…) et bientôt dégagé de La Redoute et de la FNAC – réalise 95% de ses ventes (Le Monde, 24-25/03/2013).

« Un changement stratégique. A même de refléter le nouveau virage d’un conglomérat industriel et d’enseignes de distribution devenu une entreprise internationale aux 9,74 milliards d’euros de chiffre d’affaires, recentré sur le luxe, autour de Gucci, racheté en 1999 et sur le sport et « lifestyle », autour de Puma, acquis en 2007. » (Le Figaro Economie, 23-24/03/2013).

C’est il y a un demi-siècle que François Pinault a fondé les Etablissements Pinault de négoce du bois. Appartenant à la catégorie des gens qui comprennent vite, ce dernier s’était rapidement persuadé que l’avenir n’appartenait pas à la scierie familiale de Trévérien (Côtes-d’Armor). Il y avait mieux à faire et d’avantage à gagner avec le négoce. Importer du bois de Scandinavie par le port de Saint-Malo et le revendre, tel a été le premier coup de génie de M. Pinault. Au grand désespoir des exploitants forestiers bretons qui perdaient toute compétitivité face à ce poids lourd capable de combiner quantité et prix.

Seconde étape avec la chaîne « Pinault Bois » (aujourd’hui Réseau Pro) qui inventa la distribution dans le domaine du bois. Mais il est plus sexy de posséder dans son portefeuille Bottega Veneta, Balenciaga, Boucheron… et surtout plus rentable…

Puisque le « ing » final évoque l’anglais « caring », c’est-à-dire « prendre soin des marques, des clients, des salariés », selon François-Henri Pinault, on peut souhaiter que la famille Pinault continue à « prendre soin » de la Bretagne comme elle avait su le faire à l’occasion de l’incendie qui dévasta la forêt de Brocéliande ou bien lors du naufrage de l’Erika. Dans les deux cas, le chèque était substantiel… Certes, il y a, aujourd’hui, des bonnes œuvres qui s’appellent, par exemple, Stade rennais. Mais implanter une usine en Bretagne – donc donner des emplois aux compatriotes -, ce serait encore mieux.

Crédit photo : Leafar, via Flickr, (cc).