Le cinéma, c’est bon pour les pauvres !

Le cinéma, c’est bon pour les pauvres !

Séance au Conseil de Paris. Crédit photo DR

09/04/2013 – 14h00
PARIS (via Chez Spoutnik) – L’affaire avait fait son petit buzz en janvier : le cinéma parisien Pathé Wepler, suite à une rénovation, inaugurait une double tarification. Certaines places, mieux situées par rapport à l’écran et dotées de fauteuils plus larges, sont accessibles moyennant quelques euros de supplément.

Que n’a-t-on entendu à ce moment là sur cette intolérable discrimination par l’argent ? L’affaire a ému le groupe communiste du Conseil de Paris. Car oui, sachez le, il n’ y a rien de plus urgent à s’occuper (nombre de places en crèches, construction de logements, amélioration des transports en commun) en ce moment à Paris que le prix des places de cinéma dans un seul établissement.

Le Conseil de Paris a donc voté pour interpeller le ministre de la Culture Aurélie Filippetti afin qu’elle prenne des mesures pour « interdire » qu’il y ait au cinéma des places à tarification différente.

D’une part, Pathé est une entreprise privée. Je ne vois pas en quoi l’Etat aurait son mot à dire dans le choix des tarifs des prestations proposées. D’autre part, si il y a deux types de prestations différentes (ce qui est le cas ici), on ne voit pas en quoi il est choquant qu’il y ait deux tarifs différents. Que je sache, les communistes ne militent pas, par ailleurs, contre l’existence de première et de deuxième classe dans les trains, alors que pourtant la SNCF est une entreprise d’Etat.

On ne les entend pas s’offusquer non plus, du prix général de places de cinéma (entre 11 et 13 euros) ce qui pour des familles aux revenus faibles, est déjà en soi prohibitif. Cela reviendrait à s’interroger sur l’augmentation du coût de la vie, et aux remèdes à apporter à la crise, ce qui bien sûr n’est pas au programme des élus de gauche.

Je m’interroge en revanche sur cette focalisation sur le cinéma.

Il existe à Paris d’autres types d’établissements à vocation culturelle, pour la plupart subventionnés par l’Etat. Là, on y pratique sans complexe des différences de tarifications qui n’ont pas l’air d’émouvoir les élus communistes parisiens. Quelques exemples :

Comédie Française : places de 12 à 39 euros

Opéra de Paris : de 15 à 180 euros avec 8 tarifications différentes

Théâtre du Châtelet : de 25 à 90 euros avec 5 tarifications différentes.

Bien. Cela choque-t-il quelqu’un ?

Certainement pas les élus communistes du Conseil de Paris en tout cas. A moins de penser qu’ils ne considèrent pas l’opéra ou le théâtre comme des loisirs de pauvres.

Dans ce cas, qui fait réellement du racisme de classe ? Le Pathé Wepler ou les élus communistes ?