Fusion des collectivités d’Alsace : le Haut‑Rhin dit « non »

Fusion des collectivités d’Alsace : le Haut-Rhin dit « non »

08/04/2013 – 20h00
MULHOUSE (NOVOpress via Bulletin de réinformation) –
Contre toute attente les Alsaciens ont rejeté dimanche le référendum qui leur était proposé. Il prévoyait de créer un conseil territorial unique réunissant les conseils généraux du Haut‑Rhin et du Bas‑Rhin et le conseil régional. Le but de cette réforme était une rationalisation administrative : Philippe Richert évoquait notamment « qu’au lieu de trois agences de développement ou trois agences de tourisme, l’Alsace serait passée à une ». Cette réforme devait réduire les dépenses de manière significative.

Qui a appelé à voter contre et pour quelles raisons

Rappelons que l’Alsace est une région fortement ancrée à droite. Ainsi lorsque l’UMP appelait à voter pour cette réforme, elle pouvait dûment supposer que le « oui » passerait. Le parti de Gauche, le Front national comme Debout la république avaient quant à eux appelé à voter « non » notamment pour ne pas porter atteinte à l’unité nationale au profit des provinces.

Le PS quant à lui avait donné des consignes diverses. Mais le maire de Strasbourg reprochait à cette réforme l’absence réelle de simplification administrative et même la création de : « Une usine à gaz qui maintient les deux structures départementales et projette d’ouvrir des compétences qui sont assurées par l’intercommunalité. »

Comment s’est prononcé le peuple alsacien ?

Ce sont d’abord les abstentionnistes qui ont gagné, les électeurs se sont très peu déplacés pour ce référendum. Le projet est mis en échec par le Haut-Rhin avec 56% de « non » alors que le Bas-Rhin était favorable à 68% à la réforme. Or il fallait que le vote dans les deux départements soit favorable pour que le projet soit adopté. Mais même dans le Bas-Rhin le résultat est quand même négatif dans la forme, à cause des abstentionnistes, car une deuxième condition était qu’au minimum 25% des inscrits votent “oui” : il n’y a en a eu que 23%.

Ce suffrage révèle outre le désintéressement des Alsaciens pour les questions institutionnelles, outils des technocrates, la crainte du Haut‑Rhin de se voir passer dans l’orbite du Bas‑Rhin et de sa capitale Strasbourg.

Crédit photo : Lilly M, via Wikipédia (cc).