Airbus : un contrat peut en cacher un autre

Airbus : un contrat peut en cacher un autre

08/04/2013 – 16h20
PARIS (via Chez Spoutnik) – Souvenez vous il y a deux semaines. Grâce à Flan-Flan Ier, Airbus signait le « contrat du siècle » : pas moins de 234 airbus A320 commandés par la compagnie indonésienne Lion Air. Le redressement productif enfin en marche ! La France en route vers l’horizon radieux de la croissance ! On allait voir ce qu’on allait voir !

Quelques voix, discrètes et cantonnées à la sphère de la presse économique, avaient cependant émis des doutes sur la viabilité du contrat. Lion Air est une compagnie low cost qui est interdite de vol en Europe. Mais ces voix furent vite étouffées par l’autosatisfaction ronflante de  Flan-Flan Ier et de son équipe. On n’allait pas commencer à mégoter à propos du plus gros contrat qu’ait jamais signé Airbus.

Et bien, désolé, mais si, on va mégoter. Oh trois fois rien. Juste un détail. La presse indonésienne émet de sérieux doutes sur les capacités de Lion Air a respecter la solvabilité du contrat. Autrement dit, Lion Air aurait eu les yeux plus gros que le ventre.

La compagnie possède déjà une flotte de 90 avions, elle a signé un contrat similaire avec Boeing l’année dernière (commande de 230 boeing 737). Plus de 500 avions en tout ? Pour une petite compagnie low cost (plus que toute la flotte Ryan Air par exemple) , dans un marché très concurrentiel (deux autres compagnies low- cost se disputent le marché régional) et ce , alors que le transport aérien est en plein marasme ?

Les Indonésiens pensent donc que la compagnie ne sera pas en mesure d’honorer ce contrat, et qu’elle fera défaut.

Vous allez me dire : dommage pour  Flan-Flan Ier et son redressement productif, mais si ils annulent le contrat, on s’en remettra.

Le contrat Airbus est assuré par la Coface.

La Coface est une agence spécialisée dans l’assurance-crédit à l’exportation. Autrement dit, si Lion Air fait défaut, Airbus est quand même assurée et pourra récupérer le montant du contrat. La Coface a été privatisée en 1994. Cependant, certains types de contrat-export, comme celui d’Airbus, continuent d’être assurés par l’Etat – avec la Coface comme intermédiaire.

En clair, c’est le contribuable français qui mettra la main à la poche si Lion Air n’ est pas en mesure de payer.

Ah oui, j’oubliais de préciser. Le montant du contrat : 20 milliards d’euros.

Et ça, ce n’est pas du flan. Cela fait cher le coup de com’ , non ?