[Tribune libre] Référendum piège à cons - par Spoutnik

[Tribune libre] Référendum piège à cons – par Spoutnik

07/04/2013 – 08h30
PARIS (via Chez Spoutnik) – Nous apprenons ce matin [hier samedi 6 avril, note de Novo] par la bouche d’Harlem Désir, qu’il serait question d’organiser un référendum sur la moralisation de la vie politique.

Il est déjà  curieux de faire lancer le ballon d’essai dans l’opinion par la voix de quelqu’un qui lui même a déjà été condamné par la justice dans une affaire d’emplois fictifs. Si on suit la logique du « tu es condamné, tu dégages », Harlem Désir ne devrait même plus être à la tête du PS. Ceci déjà devrait suffire à prouver la sincérité de la démarche référendaire  pour la gauche.

Je rappelle à Flan-Flan Ier que plus d’un million de personnes sont dans les rues de France depuis des mois au cri de « laissez nous voter ! » . Les opposants au mariage pour tous réclament un référendum, on les a balayés d’un revers de main. « Pas question ! »

Mais là d’un coup la gauche se sent touchée par le virus référendaire. Pourquoi ?

Les courbes de popularité de Flan-Flan Ier et de son équipe sont au plus bas, même N. Sarkozy n’était pas tombé aussi bas au bout de cinq ans de mandat, pourtant catastrophiques. Donc un référendum facilement gagnable est le bon moyen de retrouver sans risque une légitimité démocratique.

Qui pourrait, en conscience, voter contre la moralisation de la vie publique à part Jean-Noël Guérini, peut être ?

La question ne sera peut être pas celle-là. On soumettra peut être au bon peuple le projet de loi dans son intégralité.

J’avais pointé il y a deux jours le problème d’inconstitutionnalité posé par la volonté de rendre inéligibles à vie les élus condamnés pour des délits financiers. Le Conseil constitutionnel rejette les peines automatiques, la justice doit se prononcer au cas par cas. Avec un référendum, cet obstacle serait a priori levé : le Conseil constitutionnel s’est toujours incliné devant les décisions issues d’un référendum, estimant que le peuple souverain s’étant exprimé, il ne serait pas démocratique d’aller contre.

Bien. Et c’est là que nous voyons arriver l’attrape-nigaud. Je vois déjà tous les petits français en colère aller voter sans hésitation : « Oui, oui nous voulons moraliser la vie politique, allons-y, votons oui ».

Je le martèle depuis plusieurs jours maintenant, mais la plupart des élus corrompus ne sont jamais condamnés : l’inéligibilité à vie ne leur sera donc pas applicable. Et cette potentialité d’inégibilité ne concerne que les délits financiers (un DSK qui serait condamné pour proxénétisme dans l’affaire du Carlton serait donc toujours éligible).

Mieux, cette loi ne sera pas rétroactive, ce serait anticonstitutionnel. Donc les élus précédemment condamnés pourront toujours continuer à pérorer sur les bancs de l’Assemblée nationale.

Ce référendum sera une arnaque.

Ce n’est qu’un plébiscite déguisé pour faire remonter artificiellement les courbes de popularité et de confiance.

Voter oui, c’est être cocu d’avance.

Voter non, c’est faire le jeu d’une opposition tout aussi corrompue.

Pour faire le ménage, une solution, l’ABSTENTION massive. Que le désaveu envers la classe politique soit total !

Moraliser la vie politique ? Oui. A condition qu’ils dégagent TOUS d’abord.