Eurofonik illustre la vitalité des traditions musicales européennes

04/04/2013 – 10h00
NANTES (NOVOpress Breizh) –
Le festival Eurofonik organisé à la cité des congrès de Nantes ce week-end réunira 115 musiciens et chanteurs représentatifs du mouvement contemporain de renaissance des traditions musicales européennes.

Depuis l’élection de Jean-Marc Ayrault en 1989, la ville de Nantes faisait tout son possible pour gommer les identités musicales. Le canon de son artistiquement correct était la musique « métissée ». La création d’Eurofonik, un festival consacré à la « musique des mondes d’Europe », l’an dernier, est donc apparue comme une grande bouffée d’oxygène.

La démarche était d’autant plus remarquable qu’elle venait de l’establishment municipal. Les promoteurs d’Eurofonik étaient Sylvain Girault, directeur artistique du Nouveau Pavillon de Bouguenais et Paul Billaudeau, directeur du centre des congrès de Nantes. « La dimension européenne est capitale », déclarait alors Sylvain Girault. « En France, l’étiquette world music néglige trop souvent ce qui se fait sur notre continent. » Cela sonnait comme une critique implicite d’une politique culturelle municipale à bout de souffle malgré vingt ans d’efforts largement subventionnés. Et peut-être comme l’amorce d’un changement de cap à l’approche des municipales de 2014.

Eurofonik 2012 a été un beau succès. On y a vu notamment Denez Prigent, les Irlandais du groupe Solas et les Gascons de Familha Artús, qui qualifient leur musique de « radicale, enracinée, tribale et ethnique ». Une deuxième édition aura donc lieu cette année, les 5 et 6 avril 2013 au centre des congrès de Nantes. Elle est dédiée « aux artistes qui réinventent l’Europe musicale et créent une musique sur les bases d’un héritage culturel commun : les musiques populaires de tradition orale ».

Riche et éclectique, le programme réunit 115 artistes de toute l’Europe (et même un peu au-delà, indispensable sacrifice aux rites du politiquement correct). Le monde celtique est spécialement bien représenté avec la grande Annie Ebrel, l’accordéoniste irlandaise Sharon Shannon, l’impétueux sextuor écossais Mànran et la chanteuse ethnographe galicienne Mercedes Peón.

D’autres mondes d’Europe seront bien représentés. On verra en particulier le groupe Hedningarna (dont le nom signifie « païens » ou « barbares »), vedette du folk rock suédois depuis un quart de siècle, le Warsaw Village Band, attaché à faire revivre et moderniser les traditions musicales d’une Pologne menacée par la mondialisation, ou Canzoniere Grecanico Salentino, hérauts de la pizzica d’Italie méridionale (vidéo ci-dessus).

L’organisation du Festival au sein de la cité des congrès de Nantes s’inspire des leçons de La Folle Journée. Elle permet aux visiteurs de déambuler d’une scène à l’autre et d’assister à plusieurs spectacles (le pass complet coûte 24 euros) ainsi qu’à des expositions et animations conçues pour tous les publics, enfants compris.

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