Italie : Entre 4 et 5 ans de prison requis pour racisme sur Internet

Italie : Entre 4 et 5 ans de prison requis pour racisme sur Internet

01/04/2013 – 08h30
ROME (NOVOpress) – En novembre dernier, dans le cadre de la grande offensive de Mario Monti et de son ministre Riccardi contre « les sites Internet à contenu raciste, xénophobe et antisémite », la police italienne identifiait et arrêtait le responsable et les modérateurs de Stormfront Italia, la section italienne du forum américain Stormfront.org. Tous quatre sont toujours en détention provisoire. Comme l’avait alors souligné le Corriere della Sera«c’est la première fois en Italie qu’est prise une mesure de ce genre, sur la base de délits idéologiques ».

Le procès s’est ouvert jeudi devant la première cour d’assises de Rome. La liste des parties civiles est impressionante. On y trouve bien sûr la communauté juive de Rome, dont le président, Riccardo Pacifici, quoique très occupé ces temps-ci par sa campagne contre Beppe Grillo, « plus dangereux que les fascistes » selon lui, a tenu à assister au procès « en signe de respect pour le procureur, qui a coordonné l’enquête ». Mais se sont aussi constitués parties civiles, entre autres, le directeur de l’Agence nationale contre les discriminations raciales de la présidence du Conseil, trois juges du tribunal de Palerme, le ministère de l’Intérieur et même la présidence du Conseil (toujours occupée, en l’attente d’un nouveau gouvernement, par Mario Monti).

Le procureur, Luca Tescaroli, a requis contre les accusés, Mirko Viola, Diego Masi, Luca Ciampaglia et Daniele Scarpino, des peines comprises entre 4 ans et 10 mois et 4 ans et un mois de prison, outre des sanctions financières et l’interdiction d’occuper un emploi public. Dans son réquisitoire, il a souligné que les accusés représentaient « le noyau dur d’un terrible groupe criminel » et que « leur arrière-plan culturel a été à la base des événements tragiques qui ont récemment (sic) marqué l’Europe ». Le procureur, tout comme les avocats des parties civiles, a insisté pour qu’aucune circonstance atténuante ne soit accordée aux accusés. « Ce procès, a déclaré Daniele Stoppello, avocat d’une des parties civiles, est destiné à faire époque parce qu’il permettra de démontrer qu’il ne peut et ne doit pas y avoir d’impunité sur Internet pour ces individus qui propagent des idées basées sur la haine raciale, en offensant les juifs et les homosexuels ».

L’un des accusés, Daniele Scarpino, a demandé la parole pour lancer un appel au juge. « Je demande, a-t-il dit, à être traité comme n’importe quel citoyen italien, qui a le droit d’être réinséré dans la société. En prison, ce n’est pas possible. C’est pourquoi, si je suis vraiment une personne dangereuse, je voudrais être rééduqué ». Son avocat a même évoqué « la possibilité que Scarpino se mette à la disposition de la communauté juive ». « Il est prématuré d’en parler, a répondu le juge, il doit d’abord y avoir condamnation ». La sentence sera rendue le 8 avril.