“Elle n’avait pas encore vu sa tête dans les journaux” car il n’était pas encore condamné

“Elle n’avait pas encore vu sa tête dans les journaux” car il n’était pas encore condamné

29/03/2013 – 14h00
PARIS (NOVOpress) – Ce  dimanche là,  4 décembre 2011, Françoise Puyau-Puyalet, 69 ans, tricote dans la galerie marchande du Monoprix de Sannois (Val-d’Oise) et propose aux passants qui lui fournissent la laine d’acheter les pulls et écharpes une fois finis. Elle arrondi ainsi sa maigre retraite qui lui permet difficilement de vivre. Elle y vient souvent le dimanche en diffusant un peu de musique, de vieilles chansons françaises, mais aucun commerçant n’a protesté tant elle ne gène pas .

Arrive un homme en civil qui sans se présenter lui dit “Dégage !” en la tutoyant. Choquée elle répond “Je t’emmerde, salaud ! ”. Pas de chance c’est Yanick Paternotte (photo), le maire UMP de Sannois qu’elle ne connait pas car elle habite Argenteuil. Elle se retrouve en garde à vue et le maire porte plainte pour « outrage à une personne dépositaire de l’autorité publique » et se constitue partie civile. Françoise à été jugée le 14 mars dernier à Pontoise

Yanick Paternotte ne s’était pas dérangé pour venir au procès. Françoise écope de 800 euros d’amende avec sursis (le procureur avait également requis trois mois d’emprisonnement avec sursis). Mais le tribunal la condamne aussi à verser 500 euros au maire, plus 90 euros de frais de dossier, ce qu’elle ne peut pas payer vus ses faibles moyens.

Lors de son procès l’inculpée a fait remarquer : il y a tellement de “jeunes” qui insultent des policiers en uniforme « et qui ne sont condamnés à rien » !

“A cette époque-là, elle ne savait pas qui il était. Elle n’avait pas encore vu sa tête dans les journaux à cause de ses déboires judiciaires” a déclaré son avocate  pour sa défense.

En effet entre les faits reprochés à Françoise et son procès, le maire UMP de Sannois a fait la Une des journaux locaux car il a été condamné, en décembre dernier, pour « abus de faiblesse » envers une vieille dame de 91 ans, avec qui il avait sans doute été par contre très poli (trop d’après la justice !) car il avait obtenu d’elle une donation immobilière d’une valeur de plus de 200.000 euros ! Il a fait appel.

Crédit photo : Poudou99, via Wikipédia (cc).