Mali : l’ONU souhaite que l’engagement militaire français se prolonge

Mali : l’ONU souhaite que l’engagement militaire français se prolonge

Ci-dessus : Image satellite du Mali qui montre bien la division géographique de ce pays, division qui correspond aussi à une division ethnique.

28/03/2013 – 16h15
PARIS (NOVOpress via Bulletin de réinformation) –D’après les informations données par nos dirigeants, la guerre au Mali devrait prendre fin dans peu de temps. Le Premier ministre Jean‑Marc Ayrault a déclaré la semaine dernière que le retrait des troupes débuterait dès la fin du mois d’avril. Un débat parlementaire aura lieu en mai, conformément à la Constitution, après quatre mois d’engagement de nos troupes.

Mais la présence française pourrait bien se prolonger. Un rapport rédigé par le secrétaire général Ban Ki Moon préconise la mise en place, dès le mois de mai, d’une opération de maintien de la paix composée de plus de 11 000 soldats. L’essentiel de ces troupes serait constitué par la Minuas, force africaine présente au Mali. Mais comme l’organisation n’est pas en mesure de superviser une opération militaire d’une telle ampleur, le rapport soutient la création d’une force parallèle, constituant une force de réaction rapide. C’est là qu’intervient la France, qui serait invitée à occuper une place centrale dans ce dispositif.

La résolution de la crise devra surtout être politique : que prévoient la France et l’ONU pour restaurer la stabilité politique au Mali ?

En idéologue de la démocratie, l’ONU dégaine l’arme électorale : une élection présidentielle aurait lieu en juillet, pour refonder la démocratie malienne. Un premier problème est d’ordre financier : une élection coûterait 100 millions d’euros. Un second problème sera d’ordre sécuritaire : une diminution des troupes françaises pourrait donner de l’air aux islamistes.

Enfin et surtout, comme l’indique Bernard Lugan sur son blog, un règlement politique de la question malienne nécessite de prendre en compte la dimension ethnique de ce conflit.

Le soulèvement à l’origine de la guerre s’est fait au nom de l’identité touareg et de la revendication de l’Azawad, vaste territoire désertique du Nord Mali peuplé de Touaregs, d’Arabes et de Noirs. La restauration d’un Etat malien unitaire inciterait les Touaregs à se rebeller de nouveau, du moins une fois les Français partis…

Crédit photo : Cwolfsheep, domaine public.