Les « najateries » de Madame Vallaud-Belkacem

Les « najateries » de Madame Vallaud-Belkacem

23/03/2013 – 14H30
NANTES (NOVOpress Breizh) –
« Nous sommes en train d’inventer un nouveau monde : celui de l’égalité entre les sexes ». Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, était à Nantes jeudi pour célébrer le vingtième anniversaire de l’Espace Simone de Beauvoir, un « lieu de défense et de promotion des droits des femmes » qui regroupe 18 associations féministes. Dimanche dernier, la porte-parole du gouvernement n’avait pas hésité à mettre en cause l’Eglise catholique, accusée de favoriser, comme l’islam, les mariages forcés.

C’est sous les huées de près de cent cinquante manifestants opposés au projet de loi sur le mariage homosexuel que la ministre est arrivée à l’Espace Simone de Beauvoir où elle a été accueillie par Patrick Rimbert, successeur de Jean-Marc Ayrault à la mairie de Nantes, et par Michèle Frangeul, présidente de l’association. Après avoir visité l’exposition « Féministes en tous genres », Mme Vallaud-Belkacem s’est entretenue avec les représentants des associations adhérentes.

On ignore si la question des mariages forcés a été abordée. On se souvient en effet que dans l’émission Dimanche+ diffusée sur Canal+ le 17 mars dernier, alors qu’Anne-Sophie Lapix abordait la question des deux projets de loi gouvernementaux pour lutter contre – dixit la journaliste – « le mariage forcé (…), un phénomène qui concerne des familles musulmanes », la porte-parole du gouvernement s’est empressée de lui rétorquer : « Alors, d’abord, ça ne concerne pas que les sociétés musulmanes, vous voyez. C’est aussi de ce point de vue-là qu’il faut, je pense, arrêter les amalgames ou la stigmatisation : le mariage forcé, ça peut concerner des sociétés catholiques (sic). » Avant de reconnaître que « c’est vrai que ça concerne, on va le dire autrement, plus souvent des étrangères. »

Si Mme Vallaud-Belkacem (photo en Une) connait sur le bout des doigts le bréviaire du prêt-à-penser socialiste, elle semble méconnaître superbement les dispositions du catéchisme de l’Eglise catholique concernant le mariage. Selon ce texte – très précis et sans la moindre ambiguïté – l’Église considère en effet que l’échange des consentements entre les époux est l’élément indispensable « qui fait le mariage ». “Le consentement doit être un acte de la volonté de chacun des contractants, libre de violence” poursuit ce catéchisme, et “Si le consentement manque, il n’y a pas de mariage.”

On est donc loin des assertions avancées imprudemment par la porte-parole du gouvernement, dans le but évident de ne pas « stigmatiser » une communauté qui lui est chère. Comme le relève fort justement Pierre Van Ommeslaeghe, dans Boulevard Voltaire (20/03/13), « si aujourd’hui la question du mariage forcé réapparaît, c’est parce que des cultures non chrétiennes se sont installées en France. Il y concerne essentiellement les personnes de culture musulmane, l’islam, religion de la soumission à Dieu, semblant tolérer cette pratique. »

Et ce professeur de philosophie de poursuivre : « Qu’elle (Mme Vallaud-Belkacem) mente pour dénigrer ou, comme ici, pour dédouaner une culture qui semble lui tenir à cœur, est pire qu’une malhonnêteté intellectuelle. On ne peut lui accorder l’excuse de l’ignorance. Sur ces questions, on ne peut accuser sans savoir, surtout si l’on est ministre de la France. » Avant de conclure : « Il est des mots de notre langue forgés à partir des noms de personnes : vespasienne ou poubelle, par exemple. Dans quelques années, le dictionnaire accueillera probablement le mot « najaterie ». Au lexicographe en charge de ce mot, je suggère la définition suivante : « N.F., tripotage intellectuel ». On ne saurait mieux dire.

Crédit photo : Parti Socialiste du Rhône, via Flickr, (cc).