Nouveau pape François : bonne ou mauvaise nouvelle pour la théologie de la libération ?

Nouveau pape François : bonne ou mauvaise nouvelle pour la théologie de la libération ?

15/03/2013 – 10h00
ROME (NOVOpress) – Dans un style stalinien, Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche, s’est attaqué dès mercredi au nouveau pape François. L’élection de Jorge Mario Berloglio ne serait pas « une bonne nouvelle pour les progressistes du monde chrétien ni pour la révolution citoyenne en Amérique du sud. Silencieux sous la dictature militaire puis à l’heure des jugements des militaires criminels (…), hostile aux prêtres progressistes, le nouveau chef de l’église catholique devra prouver qu’il n’a pas été élu pour déstabiliser les régimes progressistes de l’Amérique latine ni pour poursuivre les persécutions contre la théologie de la libération », tempête Jean-Luc Mélenchon. Quand l’Argentine était gouvernée par la junte militaire (1976-1983), Jorge Bergoglio ne semble pas avoir voulu en effet que le mouvement jésuite argentin devienne une pétaudière gauchiste sous l’égide de la théologie de la libération. D’où la diatribe du leader du Parti de gauche aujourd’hui.

Née dans les années 1950, très active dans les années 1970, la théologie de la libération, sous prétexte de lutte contre la pauvreté, l’ignorance et l’oppression, cherchait à marier christianisme et marxisme dans une lutte armée contre les régimes militaires au Brésil, Salvador, Chili ou pour favoriser l’avènement de pouvoirs communistes en Amérique du Sud, comme au Nicaragua en 1979. Cette politisation de l’Église catholique a été combattue par Jean-Paul II, aidé par Joseph Ratzinger, avant qu’il ne devienne Benoît XVI. Ayant connu de près les souffrances d’un régime communiste, le pape polonais a ainsi écarté les figures les plus gauchistes de la théologie de la libération, comme don Elder Camara au Brésil.

En 2007, le Vatican infligeait un blâme à l’un des derniers champions de la théologie de la libération, Jon Sobrino, 69 ans, un Basque installé au Salvador. Ses thèses sur Jésus, publiées en 1991 et 1999, exposaient de « notables divergences avec la foi de l’Église ». Le théologien jésuite présentait le Christ comme un militant politique de la lutte contre la pauvreté, au détriment de sa dimension divine, regrettait la Congrégation pour la doctrine de la foi.