Condamné à 5 mois de prison avec sursis pour avoir arraché un niqab

Condamné à 5 mois de prison avec sursis pour avoir arraché un niqab

14/03/2013 – 21h00
NANTES (NOVOpress Breizh) –
En septembre dernier, un homme en état d’ébriété avait arraché le voile d’une femme qui se promenait en niqab à la fête foraine qui se tient dans le centre de Nantes chaque mois de septembre. Il comparaissait hier devant le tribunal de Nantes, qui l’a condamné à cinq mois de prison avec sursis.

Poursuivi pour « violences en raison de l’appartenance religieuse » ainsi que pour le fait d’avoir donné de prime abord une fausse identité aux policiers, le prévenu, qui ne contestait pas la matérialité des faits reprochés, a été condamné également à indemniser la femme voilée. Cette dernière avait bénéficié d’une interruption temporaire de travail  de trois jours du fait de douleurs cervicales consécutives à l’arrachage du voile.

Lors de son audition par la police, l’homme, un chômeur âgé de 30 ans, avait déclaré qu’« il entendait  faire respecter la loi interdisant le port d’un voile intégral du visage dans un lieu public. » Si la loi du 20 octobre 2010 dispose en effet que « nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage », seule la police – ou la gendarmerie – est habilitée à réprimer ces faits. «  Les simples citoyens ne sont pas habilités à faire la loi eux-mêmes sinon on n’est plus dans un Etat de droit», a tenu à rappeler le parquet de Nantes.

Depuis qu’il est installé place Beauvau, Manuel Valls n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler  à plusieurs reprises sa détermination à faire appliquer cette loi. Reste qu’on peut voir tous les jours, à la sortie de certaines écoles de l’agglomération nantaise, des femmes entièrement voilées venues chercher leur progéniture. Et la police nantaise, très occupée par la protection des lieux publics ou privés – M. Ayrault réside à Nantes – et par la délinquance qui ne cesse d’augmenter, n’a manifestement pas pour priorité de faire appliquer la loi du 20 octobre 2010. Dans ce domaine – comme dans beaucoup d’autres – « l’Etat de droit » semble bien être un vœu pieux.

Crédit photo : Marcello Casal Jr/ABr via Wikimedia (CC).