Procès pour diffamation contre le Bloc Identitaire : l'avocat du mouvement confiant dans la condamnation de BHL

Procès pour diffamation contre le Bloc Identitaire : l’avocat du mouvement confiant dans la condamnation de BHL

14/03/2013 – 14h30
PARIS (NOVOpress) – Avant-hier, lors de l’audience à la XVIIème chambre du Tribunal de grande instance de Paris, BHL et Le Point étaient poursuivis pour diffamation contre le Bloc identitaire (BI). Et ce suite à une chronique de BHL sur les Assises contre l’islamisation où il affirmait que le BI était un groupuscule néo-nazi qui plus est  à l’origine de la tentative d’assassinat contre Jacques Chirac en 2002.

Lors de sa plaidoirie – technique comme l’exige les faits de presse –, l’avocat du BI, Me David Dassa-Le Deist, a démontré le caractère diffamatoire des deux mouvements de la phrase rédigée par BHL. Revenant tout d’abord sur le terme néo-nazi, il a plaidé que c’était diffamatoire, et non seulement une insulte, mais surtout il a établi, documents à l’appui (plaquettes du BI, articles de presse – y compris la presse communautaire juive –, travaux de chercheurs), que rien ne pouvait étayer une telle accusation. Bien au contraire, tout dans la démarche du BI depuis 10 ans prouve sa totale divergence et opposition avec le national-socialisme. Me Dassa se servant même d’une pièce fournie par la défense, un article du JDD où Nicolas Lebourg – spécialiste de l’extrême droite – indique que le BI et Fabrice Robert sont tout sauf nazis. Sans oublier, toujours selon Me Dassa lors de sa plaidoirie, certains groupes d’extrême droite reprochant au BI de ne pas être antisémite…

Quant à la deuxième partie de la phrase qui vaut poursuite de BHL, Me Dassa prouve tout d’abord que la tentative d’assassinat a eu lieu avant… la création du BI, qui date d’avril 2003. Et quant à la bonne foi de BHL plaidée par la défense sur le au fait que Fabrice Robert a fait partie d’Unité radicale, il faut rappeler que le président du BI avait à l’époque cosigné une tribune où il indiquait, avec d’autres, rompre  avec un certain folklore et le ghetto d’extrême droite. Enfin, Me Dassa a mis en avant l’acte isolé, ajoutant qu’il était grave d’imputer à un parti politique la volonté d’assassiner le chef de l’Etat.

Au sein de la défense, le plus vindicatif a été l’avocat du Point et non celui de BHL. BHL qui peut compter sur le soutien du Parquet. En effet, son représentant,  Diane N’Gomsik, demande la relaxe en indiquant qu’il n’y a pas diffamation et que BHL a été « de bonne foi ».

Il faut également préciser que, contrairement aux allégations de la défense, le BI n’a pas souhaité ester en justice contre BHL pour se  faire une meilleure réputation. Me Dassa a même précisé que « le Bloc est en pleine progression, sa convention a eu un gros succès avec la présence de personnalités comme Renaud Camus et Christian Vanneste et qu’il pas besoin de cela.  Pour le BI, il s’agit seulement de défendre son honneur. »

Le jugement est mis en délibéré et sera rendu le 23 avril. Me Dassa reste confiant quant à la condamnation de BHL, estimant que sa plaidoierie a apporté les éléments nécessaires pour établir le caractère diffamatoire des propos du “philosophe”.

Arnaud Naudin