Les djihadistes s’installent de plus en plus en Syrie

Les djihadistes s’installent de plus en plus en Syrie

14/03/2013 – 08h00
PARIS (NOVOpress/Bulletin de réinformation) – Il y a encore peu de temps, la grande presse passait sous silence l’islamisation de certains éléments de la rébellion. Phénomène nouveau, le site du Point souligne maintenant cet aspect inquiétant. En effet, quelques jours après la chute de la ville de Raqa aux mains des rebelles, un « conseil religieux pour gérer les affaires de la population » a été créé dans l’est du pays, d’après le communiqué d’un organisme, l’Observatoire syrien des droits de l’homme, en fait très proche des rebelles.

Outre que ce conseil religieux doit être formé de plusieurs bureaux, compétents en matière de police, de justice ou de secours, les islamistes auraient créé à l’est du pays leurs propres tribunaux ainsi que leurs propres polices. Les images parlent : on y aperçoit sur des bâtiments les drapeaux noirs avec une calligraphie blanche du Front Al-Nosra (photo en Une) avec la mention “Conseil religieux de la région de l’Est”.

Le groupe Front al Nosra, créé en 2011, a le vent en poupe. Il serait composé de 4.000 combattants, la plupart étrangers à la Syrie. Certes, les effectifs de ce groupe sont inférieurs à ceux de l’Armée syrienne libre (ASL), mais ils feraient preuve d’une plus grande efficacité. Al Nosra serait bien rodé aux combats. Ses combattants “possèdent une expérience de la guérilla glanée en Afghanistan, en Irak ou au Yémen” et sont prêts à mourir en martyrs. Mais il soutiendrait aussi les populations civiles en apportant nourriture et matériel. Le groupe islamiste serait financé par des fonds privés : on exclut l’intervention de pays, comme l’Arabie saoudite.

Comment réagit-on en Occident ?

Certains spécialistes relativisent l’importance des islamistes, même si les Etats-Unis auraient classé le Front al Nosra dans la liste des organisations terroristes en raison de son affiliation à Al Qaïda et sans doute du fait “qu’il mène et revendique des attentats-suicides contre les intérêts du régime, qui n’épargnent pas les vies civiles”. L’opposition syrienne déplore cette classification et serait assez ambiguë à l’égard de ce groupe.

Crédit image : domaine public via Wikipédia.