Italie : Tartuffe-Riccardi accuse "Radio Padania" de racisme… et doit présenter ses excuses

Italie : Tartuffe-Riccardi accuse “Radio Padania” de racisme… et doit présenter ses excuses

11/03/2013 – 19h00
ROME (NOVOpress) – La débâcle complète des listes « Avec Mario Monti pour l’Italie », dont il avait été un des principaux maîtres d’œuvre, n’a pas refroidi Andrea Riccardi (photo ci-dessus), le fondateur de la puissante communauté catho-conciliaire et immigrationniste Sant’Egidio. Titulaire, pour encore quelques jours, jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement, du ministère de la Coopération internationale et de l’intégration, il est bien résolu à faire parler de lui jusqu’au bout sous couleur de « lutte contre le racisme ».

Les dernières élections italiennes ont vu l’échec de tous les candidats « de la diversité » aux régionales, pour lesquelles un mécanisme de « vote préférentiel » permet à l’électeur de sélectionner un candidat à l’intérieur d’une liste. Aux législatives, en revanche, où les grands partis peuvent imposer qui ils veulent grâce à des listes bloquées, le Parti Démocrate a fait élire députés Khalid Choauki, d’origine marocaine, et Cécile Kyenge Kashetu, d’origine congolaise.

Mercredi dernier, une rumeur se répand sur Internet : dans une émission de Radio Padania, la radio de la Ligue du Nord, ces deux symboles de la diversité auraient été insultés. Tartuffe-Riccardi se fend immédiatement d’un communiqué grandiloquent pour exprimer sa « solidarité affectueuse et convaincue aux nouveaux députés du Parti Démocrate, Cecile Kyenge et Khalid Chaouk, qui ont fait l’objet de menaces racistes gravissimes durant une émission de Radio Padania. Il est stupéfiant que des militants d’un parti qui gouverne trois des régions les plus avancées d’Italie puissent se laisser aller à des commentaires aussi violents contre l’élection au Parlement de deux représentants de la nouvelle Italie du fait de leur origine africaine. » Sommant les dirigeants de la Ligue du Nord de « stigmatiser et condamner » ces comportements, Tartuffe-Riccardi annonce : « Pour ma part, en ma qualité de ministre compétent sur cette question, j’ai demandé à l’Unar [l’Ufficio Nazionale Antidiscriminazioni Razziali, Office national contre les discriminations raciales, dépendant de la présidence du Conseil, Note de Novopress] d’ouvrir une instruction pénale sur ce qui s’est produit ».

Las, le lendemain, il se révèle que les supposées menaces racistes de Radio Padania n’ont jamais existé. Tout est parti de deux commentaires laissés sur le site d’un obscur journal local en ligne, Imola Oggi, à la suite d’un article sur Khalid Chaouk intitulé : « Le premier député avec une femme voilée est membre du Parti Démocrate ». Un journaliste, qui dépouille les commentaires en ligne pour traquer le racisme, a signalé ceux-ci sur Facebook, en les attribuant à des militants de la Ligue du Nord – ce qui semble exact pour l’un des deux. Un sénateur du Parti Démocrate en a fait un tweet en accusant Radio Padania. En matière de racisme, l’accusation vaut preuve. Tartuffe-Riccardi, qui est pourtant, dans le civil, professeur d’histoire à l’université de Rome et devrait avoir appris à vérifier ses références, a foncé tête baissée.

Radio Padania réagit : « Les ministres et les députés du Parti Démocrate font la queue pour commenter de fausses informations concernant Radio Padania, nous attendons qu’ils fassent la queue pour présenter leurs excuses ».

Tartuffe-Riccardi s’est exécuté de très mauvaise grâce, en publiant un second communiqué, rédigé, pour atténuer son humiliation, au nom de son service de presse. Ayant appris que Radio Padania n’avait rien à voir dans l’affaire, « le service de presse du ministre Riccardi en prend acte, s’excusant auprès de Radio Padania, mais précise que ce malentendu [sic] ne change pas la condamnation du ministre pour les menaces, sa solidarité aux deux nouveaux députés, et la demande à l’Unar d’enquêter sur ce qui s’est passé ».

L’assaut à Radio Padania aurait dû être le couronnement de la grande offensive antiraciste de Tartuffe-Riccardi. Mais le fondateur de Sant’Egidio n’a fait, comme titre Il Giornale, que « donner un coup dans l’eau ».

Crédit photo : Aleph via Wikipédia (cc).