Ne pas confondre « huile essentielle » et « huile actuelle »

Ne pas confondre « huile essentielle » et « huile actuelle »

06/03/2013 – 18H00
PARIS (NOVOpress Breizh) –
On connait d’avantage Paris-Match pour le « choc des photos » que pour le « poids des mots ». Pourtant l’apport de la rédaction est loin d’être négligeable. Les premières pages du magazine sont même consacrées à la « culture ». C’est là que cantine une plume prestigieuse (?!), Valérie Trierweiler, que sa proximité avec le président de la République empêchait de maintenir plus longtemps au service politique.

Tous les quinze jours, « le regard de Valérie Trierweiler » fait donc la joie des lecteurs qui aiment les ouvrages susceptibles de ne défriser ni la droite ni la gauche. Les commentaires de Mme Elysée répondent à deux considérations essentielles : 50% de cucuterie, 50% de politiquement correct. Ite missa est.

Rien à voir donc avec le regretté Bernard Frank dont la « chronique littéraire » (sic) dans le Nouvel Observateur était un composé de talent, d’humour et de culture. Un vrai régal. La recette de M. Frank brillait par sa simplicité : un peu de « littéraire », beaucoup de « gastronomique » – suivi des prix littéraires oblige – …et de Paul Morand. On l’aura compris, Mme Trierweiler ne joue pas dans la même cour.

C’est avec une collaboratrice aussi encombrante que doit fonctionner Gilles Martin-Chauffier, rédacteur en chef, responsable de la partie « culture ». Tout lecteur de sensibilité bretonne flaire chez lui une mentalité « cinq départements ». A chaque fois que la chose s’avère possible, il s’en va braconner sur les terres d’Armorique. Avec vigueur et passion. Les livres parlant de la Bretagne – à condition de demeurer dans le registre grand public – peuvent donc compter sur le coup de pouce du rédac’chef. C’est sa façon –intelligente – d’apporter sa contribution à l’idée bretonne. Comme le faisaient autrefois, à TF1, PPDA et Patrick Le Lay.

Pourtant GMC étonne, tant il se plait à mettre les pieds dans le plat dès que sa chronique concerne la matière bretonne. Sous prétexte d’évoquer le récent ouvrage « paroles de Bretons » (Editions Blanc et Noir, 180 pages, 35 euros), il s’en prend à Jean-Marc Ayrault, traité d’ « huile actuelle », qui « refuse obstinément d’admettre que Nantes, la ville qu’il occupe, est bretonne. Peu lui importe que le plus beau monument de la cité soit le château des ducs de Bretagne. Ici on est dans les Pays-de-la Loire ! Point final. Rien dans les salles du palais ne parle des ducs et de leurs gouvernements. On n’épilogue que sur les Petits Lu, les chantiers navals, la traite du bois d’ébène…La visite est une véritable ode aux mensonges par omission. » (Paris-Match, 12/12/2012).

Ainsi ose parler du Premier ministre et de ses œuvres GMC. Pourtant ce n’est pas le genre de la maison. A Paris-Match, la tradition veut que les puissants soient fêtés, choyés et respectés.

Certes M. Martin-Chauffier peut compter sur la compréhension de quelques autorités supérieures : le directeur de la publication (Bruno Le Souëf) et le directeur adjoint de la rédaction (Régis Le Sommier) sont Bretons. Mais le propriétaire du canard, Arnaud Lagardère, ne l’est pas. Et, à ce niveau là, on se doit d’entretenir des relations amicales et intéressées avec les locataires de l’Elysée et de Matignon… Or M. Lagardère est d’avantage préoccupé par Jade, la belle mannequin belge, et le devenir de ses parts dans EADS que par la Bretagne. Les affaires (cœur + business) sont les affaires…

Yves Cadic