PS des Bouches-du-Rhône et démocratie irréprochable : après Guérini, la députée Sylvie Andrieux jugée pour détournement de fonds publics

04/03/2013 – 14h30
MARSEILLE (NOVOpress) – L’élue socialiste des Bouches-du-Rhône Sylvie Andrieux comparaît depuis ce lundi 04 mars au matin. Elle aurait détourné 740.000 euros de subventions de la région !

En effet, après l’affaire Guérini, Sylvie Andrieux, ancienne vice-présidente de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, et députée depuis 1997, qui est renvoyée devant le tribunal correctionnel pour « détournement de fonds publics à destination d’associations présumées fictives ».

Le délit en question est passible de dix ans de prison et 150.000 euros d’amende. Son procès, où elle comparaît aux côtés d’une vingtaine d’autres personnes, a donc commencé ce lundi à Marseille.

L’enquête avait été ouverte à la mi-2007 après le signalement par la cellule anti-blanchiment du ministère de l’Économie, de flux financiers suspects sur les comptes d’associations et sociétés de BTP Marseillaises, et ce, durant une période d’au moins deux ans. Au total, le préjudice présumé pour la région s’élève à 740.000 euros de subventions détournées.

La justice soupçonne Sylvie Andrieux d’avoir, en toute connaissance de cause, présenté au vote du conseil régional des dossiers de demandes de subventions pour ces fausses associations, créées avec l’unique objectif de « remercier » des personnes l’ayant aidée à s’implanter et à se faire élire. En juillet 2010, la députée avait été mise en examen pour « complicité de détournement de fonds publics et complicité d’escroquerie ». L’élue est finalement poursuivie pour détournement, un chef la désignant comme « auteur principal » présumé, mais sans mention d’escroquerie.

Assise dans le box avec son conseiller Christophe Reille, spécialiste de la communication de crise, la députée, qui aime à se présenter comme une « députée de terrain », répète qu’elle n’avait pas connaissance du caractère fictif des associations, renvoyant la responsabilité sur « des escrocs » qui auraient profité de défaillances de la région. « Si le juge avait pu apporter la preuve que Sylvie Andrieux savait que les associations étaient fictives, il l’aurait mise en cause pour complicité d’escroquerie, mais il n’apporte pas de preuve qu’elle savait », complète son conseiller.

Parmi la vingtaine de personnes qui comparaissent, on trouve également Roland Balalas, son ancien attaché parlementaire, qui a expliqué au cours de l’instruction que des subventions étaient accordées avec des « visées électoralistes ». Dans cette affaire, le président PS de la région, Michel Vauzelle, avait été auditionné en 2010 en tant que témoin assisté sans être mis en cause.

La région s’est constituée partie civile, Michel Vauzelle demandant à témoigner au procès, « pour exposer les différents préjudices, financiers mais pas seulement, qu’a subis la région », selon l’avocat du conseil régional, Gilles Gauer.

Rappelons que le Parti socialiste, sentant sans doute le scandale en approche, avait choisi de renvoyer Sylvie Andrieux du parti juste avant les élections législatives. Malgré cela, elle fut réélue de justesse dans sa circonscription marseillaise.

Le procès doit durer jusqu’au 22 mars.

Julien Lemaire

crédit photo : neracoulis2012 via Flickr (cc).