[Exclusif] Interview de Laurent Obertone, auteur de “La France Orange mécanique”

[Exclusif] Interview de Laurent Obertone, auteur de “La France Orange mécanique”

02/03/2013 – 20h00
PARIS (NOVOpress) – Quand le livre La France Orange mécanique de Laurent Obertone est sorti le 17 janvier 2013 il y a eu d’abord une tentative d’occultation par beaucoup de médias. Puis devant le succès de ce livre il a bien fallu en parler et il déclenche la polémique, sans doute parce qu’il décrit la délinquance en France telle qu’elle est, et non pas telle que ces médias voudraient la faire apparaitre.

Le livre utilise le titre du célèbre film Orange mécanique de Stanley Kubrick. Quand ce film est sorti sur les écrans en 1971, ceux qui sont assez âgés pour l’avoir vu à l’époque, se rappellent sans doute qu’il a choqué par la violence de la délinquance qu’il décrit , mais maintenant en France la réalité rejoint la fiction…

Laurent Obertone nous en parlera ci-dessous dans l’interview qu’il a bien voulu accorder à Novopress :


Novopress : Meilleur classement des ventes d’essais chez Amazon, retirage de 20.000 exemplaires, quel effet cela fait-il d’être à l’origine d’un tel succès éditorial ? Vous y attendiez-vous ?

[Exclusif] Interview de Laurent Obertone, auteur de “La France Orange mécanique”

Laurent Obertone

Laurent Obertone : J’en suis très heureux ! Il y a une attente populaire très forte d’un discours réaliste sur ce sujet, monopolisé depuis des années par les mêmes idéologues. Leurs discours de dissimulation et de négation n’ont fait qu’aggraver la situation. Aujourd’hui cette situation est si grave que plus personne ne peut se contenter de « conférence de consensus ». Les gens veulent la vérité.

Novopress : Ce qui est véritablement surprenant, c’est que votre livre est devenu un phénomène politique. Pour preuve, le fait que Marine Le Pen en fasse de la publicité lors de ses interventions publiques, voire en publiant une vidéo où elle incite à lire la France Orange Mécanique ? Cette venue dans l’arène politique était-elle l’un de vos objectifs ?

Laurent Obertone : J’espérais que mon livre permette à beaucoup de gens de comprendre qu’ils ne se font pas des idées : la situation est bien alarmante, telle qu’ils la voient. La récupération politique a engendré l’exposition médiatique : les médias qui restaient sur une stratégie du silence ont attendu l’autorisation de Marine Le Pen pour parler du livre. L’important est maintenant que les gens se saisissent du sujet, pour en juger librement, seuls face à leur conscience, à l’abri des intimidations médiatiques.

A part Eric Zemmour et Valeurs actuelles, la réaction des médias semble unanime, vous attaquer et contester vos chiffres. A tel point que vous êtes obligé de publier des droits de réponse. Lorsque vous avez commencé votre travail de recherche et celui de rédaction, vous attendiez-vous à une telle réaction ?

Oui, elle est prévue dans le livre. La plupart des médias sont soumis à ce que j’appelle la compétition morale. Les journalistes, très majoritairement de gauche, ne peuvent jouir d’un prestige moral au sein des leurs qu’à condition d’aller toujours plus loin dans la négation de la réalité criminelle, dans l’oubli des victimes, dans le dénigrement du porteur de mauvaises nouvelles.

En analysant votre travail de documentaliste, on est frappé de voir que les chiffres sur la violence et la délinquance sont disponibles, que les faits sont montrés, donc bien loin d’une usine à fantasmes. Or on a l’impression d’un grand silence quant à ces données, y compris celles fournies par l’Observatoire de la délinquance. Serait-ce parce que ces données montrent un retour au réel qui ne correspond au discours angélique et laxiste du vivre-ensemble ?
À défaut de les nier, mes détracteurs vous diront que ces chiffres sont « connus », donc qu’il n’y a pas de dissimulation. Ces chiffres sont certes publics, mais dans la rue absolument personne ne les connait. Ils ne sont pas médiatisés, en vertu de la compétition morale : les journalistes s’interdisent d’en parler, et s’efforcent de disqualifier ceux qui en parlent. Les deux principales raisons de cette dissimulation sont claires : ces chiffres pointent à la fois l’échec du laxisme judiciaire et la sur-représentation criminelle de certaines franges de l’immigration. Deux états de fait inacceptables pour les compétiteurs moraux.

La France Orange mécanique révèle une involution anthropologique et un retour à la barbarie la plus violente. Quelles réponses faut-il y apporter selon vous ? Appliquer une politique sécuritaire plus stricte par l’entremise de construction de places de prison, par plus de caméras de vidéosurveillance ?

En appliquant simplement la loi, la criminalité s’effondrera. Il y a plusieurs décennies, les États-Unis, en proie à une criminalité galopante, ont décidé de construire des prisons et de prononcer des peines impitoyables. La criminalité a été divisée par deux. À l’ère Taubira, nous en sommes à « penser » que le meilleur moyen de lutter contre la récidive est de vider les prisons… Je constate aussi que les criminels purgent des peines systématiquement très inférieures à ce que prévoit le Code pénal.

Je suis très sceptique vis-à-vis des caméras de vidéosurveillance. Le problème n’est pas vraiment d’identifier et d’arrêter les criminels : si la justice n’applique pas la loi, les caméras ne servent à rien. Sauf peut-être à surveiller tout le monde, ce qui est plutôt inquiétant.

Et si tout simplement cette barbarie était la marque de l’échec du multiculturalisme et malgré une politique répressive plus efficace faire cohabiter deux cultures irrémédiablement irréductibles s’avérait impossible ?

Je constate que l’hétérogénéité est un facteur criminogène, et plus largement un facteur d’effondrement du capital social. On en revient ensuite à des interrogations morales. On peut penser que l’hétérogénéité est un risque acceptable, ou qu’elle est un risque inacceptable, ou même qu’elle n’est pas un risque. Je ne fais pas de politique, ni de philosophie : je me contente de porter à la connaissance du grand public des faits qui ne peuvent être ignorés. Le peuple est souverain, c’est à lui de décider de sa société.

Crédit image en Une : Ring, l’éditeur du livre. DR.
Image dans le texte : copie d’écran d’une vidéo sur Internet. DR.