Italie : tous les candidats de la « diversité » battus aux élections

Italie : tous les candidats de la « diversité » battus aux élections

02/03/2013 – 08h00
ROME (NOVOpress) – Débâcle complète pour les « nouveaux Italiens », comme les appelle le site immigrationniste Stranieri in Italia. Aux dernières élections régionales, tous les candidats « issus de la diversité » ont été battus. Le fait est d’autant plus significatif que le système électoral italien comporte, pour les régionales, un « vote préférentiel » (voto di preferenza) : l’électeur vote pour une liste mais peut ajouter le nom du candidat qu’il souhaite favoriser ; l’attribution des sièges se fait à la proportionnelle entre les listes, et en fonction du nombre de préférences à l’intérieur de chaque liste (ce système a été abrogé pour les législatives, où les listes sont bloquées : les sièges sont attribués selon l’ordre de la liste). Ajoutons que chaque région est divisée en provinces et que le vote se fait sur des listes provinciales.

La coalition de gauche rassemblée autour du Parti démocrate a gagné les élections dans le Latium, dont son candidat, Nicola Zingaretti, est le nouveau président. Mais elle n’est parvenue à faire entrer au conseil régional aucun de ses candidats de la « diversité », pas même le Congolais Jean-Leonard Touadi, tête de liste du Parti Démocrate pour la province de Rome, ancien adjoint au maire dans la précédente municipalité de gauche et ancien député. Avec ses 6.700 préférences , il arrive en 7ème position dans la circonscription, alors que la liste n’obtient que 6 élus : le mieux élu a obtenu 12.800 préférences.

Ferdes Abderrezak, « d’origine algérienne, représentant de la communauté islamique de Rome », également candidat sur la liste du Parti Démocrate dans la capitale, n’a reçu que… 130 préférences. Françoise Kankindi, présidente de l’Association Bene-Rwanda, qui se définit comme « Africaine, Rwandaise et Italienne », et entendait lutter contre « le préjugé et la discrimination » anti-immigrés, se présentait pour sa part sur une liste de gauche parallèle (le dédoublement s’explique par les complications du système électoral), la « liste civique Nicola Zingaretti » : elle a recueilli 400 préférences. La gauche a a fortiori échoué à faire élire des candidats d’origine non-européenne (pakistanaise, rwandaise, camerounaise…) dans la région Lombardie, où elle est minoritaire.

À droite, deux échecs sont particulièrement intéressants. Tony Iwobi, qui avait suscité beaucoup d’attention médiatique comme premier candidat noir de la Ligue du Nord au Conseil régional de Lombardie, est battu dans la province de Bergame. Il obtient cependant un bon résultat, surtout compte tenu de la très forte décrue électorale de la Lega, 2.000 préférences, ce qui le place en 4e position parmi les candidats de la Ligue, alors qu’il ne figurait qu’en n° 7 sur la liste. Seuls deux candidats ligueurs ont été élus pour la province de Bergame et il n’a manqué à Iwobi que 175 voix. Résultat qui confirme la forte implantation locale du « Nigério-Padan », très populaire parmi les militants du parti.

La défaite est beaucoup plus cuisante, en revanche, pour Fidel Mbanga-Bauna, tête de liste de la « liste civique Francesco Storace » pour la province de Rome. Mbanga-Bauna, d’origine congolaise, est très connu comme présentateur du journal régional sur la chaîne de télévision Rai 3, depuis 1995. Il a des rapports anciens avec le monde politique post-fasciste, ou ex-néo-fasciste, comme on voudra, puisqu’il s’était présenté sans succès aux élections législatives en 2003, sur la liste d’Alleanza Nazionale, le parti de Gianfranco Fini. Le quotidien de la Lega Nord, La Padania – à une époque où la Ligue n’avait pas encore de candidats noirs –, avait eu alors un titre ironique qui avait fait polémique : Faccetta nera entra in Parlamento (« La frimousse noire entre au Parlement »), par référence au fameux chant fasciste de la guerre d’Éthopie, Faccetta nera.

Selon des sources généralement bien informées, le mouvement Casapound, soucieux de se défendre des accusations de racisme, avait offert à Mbanga-Bauna d’être son candidat aux élections municipales à Rome, qui auront lieu en juin prochain. L’information avait été reprise, en février 2012, par beaucoup de médias, sans être démentie. Fin novembre, Simone Di Stefano, vice-président de Casapound Italia, qui a finalement été le candidat du mouvement pour la présidence de la région Latium, précisait cependant à des journalistes : « Fidel Mbanga Bauna est un ami, mais ce ne sera pas lui notre candidat à la mairie de Rome. S’il veut se mettre sur la liste, en revanche, nous sommes disponibles ».

Un mois plus tard, on apprenait finalement que Mbanga-Bauna avait préféré accepter les offres de Francesco Storace, président de La Destra, ancien président de la région Latium, ancien ministre de Berlusconi (et accessoirement principal contact italien de Marine Le Pen), qui tentait de reconquérir la région pour la coalition du centre-droit. Venant après la décision du « consul fascio-rock » Mario Vattani, d’être tête de liste de La Destra pour les sénatoriales, alors même qu’il était a priori proche de Casapound, le choix de Mbanga-Bauna avait été présenté par les médias comme un camouflet pour les « fascistes du troisième millénaire », qui se seraient fait « souffler » leurs candidats par un parti plus terne mais plus respectable, et électoralement plus plausible. Inversement, la candidature de Mbanga-Bauna avait suscité des remous chez les militants de La Destra. La page facebook de Storace avait été inondée de messages indignés, du genre : « C’est avec un non-Italien et un non-européen sur la liste que vous défendrez l’identité nationale? L’Italien est blanc, Messieurs, blanc, vous avez compris? Je ne veux pas dire par là que les Noirs sont inférieurs, je les considère simplement comme non-Italiens, d’une autre ethnie et donc celui qui les présente aux élections ne représente pas notre ethnie ». Des propos sans nuances, mais que certains seront tentés de rapprocher de la réponse récemment donnée par Adriano Scianca, responsable culturel de Casapound, à l’émission Méridien Zéro : « Je crois qu’un non-Européen peut être mon camarade mais qu’il ne peut pas être Italien » (à 32’40: io credo che un non europeo possa essere mio camerata, ma non possa essere Italiano).

Ces polémiques ont-elles laissé des traces ? Mbanga-Bauna, tête de liste de la « liste civique Francesco Storace », n’a en tout cas obtenu que 221 préférences, alors que la n° 8 (et finalement seule élue de la liste), Olimpia Tarzia, en a recueilli 2.333.