Réunification de la Bretagne : Ayrault veille au grain

Réunification de la Bretagne : Ayrault veille au grain

01/03/2013 – 18h00
PARIS (NOVOpress Breizh) –
L’amendement Le Fur-de Rugy, qui permettait notamment aux habitants de Loire-Atlantique  et de toute la Bretagne de se prononcer par référendum sur la réunification sans que la région des Pays-de-la-Loire n’ait à donner son avis, comme c’est le cas avec les dispositions légales actuelles, vient d’être supprimé par la Commission des lois du Sénat, à la demande du Parti socialiste. Une décision à laquelle Jean-Marc Ayrault (photo) – adversaire résolu de la Bretagne réunifiée – n’est certainement pas étranger.

Il y a un peu plus d’un an, le 21 décembre 2011, l’Assemblée nationale avait adopté un amendement proposé conjointement par Marc Le Fur, député UMP des Côtes-d’Armor et François de Rugy, député EELV de Loire-Atlantique, visant à permettre à un département qui souhaite changer de région administrative de demander l’organisation d’un référendum local sur son territoire et dans les départements de sa future région de rattachement, sans que les autres départements de sa région ne puissent l’en empêcher.

Concernés au premier chef, les oligarques socialistes de la région administrative des Pays de la Loire – Jean-Marc Ayrault en tête – étaient aussitôt montés au créneau pour dénoncer un texte susceptible de remettre en cause leur pouvoir. Le Sénat, à majorité socialiste, n’avait  bien entendu pas jugé utile de le mettre à son ordre du jour. Des sénateurs UMP ayant réintroduit l’amendement litigieux, Jean-Pierre Sueur, sénateur du Loiret (PS)  s’est empressé de faire voter l’annulation de l’amendement. Selon lui « cet article, introduit à l’Assemblée nationale contre l’avis du rapporteur et du Gouvernement, ne présente aucun lien, même indirect, avec le projet de loi dont l’objet est l’application de l’article 11 de la Constitution ». Fermez le ban.

Pour Marc Le Fur, « ce rejet est une illustration du mépris des dirigeants de la majorité, et notamment du Premier ministre, ancien maire de Nantes, vis-à-vis de la Bretagne ». « Le combat mené pour la réunification de la Bretagne n’est que partie remise », poursuit le vice-président de l’Assemblée nationale. « Je redéposerai cet amendement lors de la discussion du projet de loi de décentralisation. À cette occasion, le gouvernement, constitué notamment de ministres socialistes bretons, serait bien inspiré de faire la preuve d’une plus grande ouverture d’esprit » (Le Télégramme 01/03/2013).

Dans un communiqué, le député des Côtes-d’Armor met d’ailleurs les ministres bretons devant leurs responsabilités : « Madame Lebranchu, aujourd’hui ministre de la Réforme de l´Etat et de la Décentralisation, avait regretté de ne pas avoir été sollicitée pour s’associer à la présentation de cet amendement. M. le Drian, (photo, en 2em plan) aujourd’hui Ministre de la Défense, s’était réjoui du progrès que ce texte constituait.»

Il est vrai que depuis ces deux là sont devenus ministres, qui plus est dans un gouvernement dont le patron s’appelle Jean-Marc Ayrault. Peu de chances donc qu’ils ruent dans les brancards. D’autant que les oligarques au pouvoir n’aiment pas les référendums – ni sur la réunification de la Bretagne ni sur le “mariage” homosexuel. Une réalité plutôt dure à avaler pour les militants bretons de gauche – ou le peu qu’il en reste – mais il faudra bien qu’ils s’y fassent : avec les socialistes au pouvoir, la réunification n’est manifestement pas à l’ordre du jour.

Crédit photo : Parti socialiste/Flickr, cc.