Les Italiens ont voté contre Mario Monti

Les Italiens ont voté contre Mario Monti

26/02/2013 – 19h30
ROME (NOVOpress/Bulletin de réinformation) – Pour comprendre les résultats des élections de dimanche et lundi, il est utile de savoir comment fonctionne le système électoral italien.

Le Sénat a autant d’importance que la Chambre des députés, il faut donc avoir la majorité dans les deux chambres pour gouverner. Les députés comme les sénateurs sont élus à la proportionnelle par région, ce qui permet une vraie diversité dans les listes présentées.

Les prévisions des médias de l’oligarchie ne se sont pas réalisées dans les urnes

Alors que la presse du système et les sondages donnaient le centre gauche gagnant dans un fauteuil les résultats sont bien différents. Il faut noter que si la participation de 75% de votants est inférieure de cinq points par rapport à 2008, les Italiens ont suivi avec passion la campagne électorale.

Les perdants de ces élections

Indéniablement, les partisans de Mario Monti (photo), l’ancien membre de la banque d’affaires Goldman Sachs qui a dirigé ces derniers mois le gouvernement non‑élu. Ils espéraient dépasser les 15% et doivent se contentent d’un maigre 10%. A tel point que la girouette Gianfranco Fini qui avait rallié Monti, n’est pas réélue. Comme le note un sénateur « l’Union européenne aime Monti mais pas les Italiens. » Le centre gauche est également très déçu, il a été distancé au Sénat par les partisans de Berlusconi.

Du côté des vainqueurs

Le grand vainqueur est le populiste Beppe Grillo du mouvement des Cinq étoiles. Avec 25,55% des voix, il est le parti qui a eu le plus de voix à la Chambre des députés. Grillo qui refuse de débattre à la télévision avait rassemblé huit cent mille personnes à Rome la veille des élections. Un homme qui refuse les règles du système et dicte les siennes. Il faut citer également Berlusconi, que l’on donnait pour mort et qui s’est montré un redoutable animal politique avec lequel il faudra compter. La Ligue du Nord, en net recul, devrait cependant conserver avec ses amis du centre droit les trois régions les plus riches du Nord : Piémont, Lombardie et Vénétie. Quant au mouvement CasaPound, il n’a pas réussi à décoller.

Et maintenant que va‑t‑il se passer ?

La gauche a la majorité à la Chambre du fait de la loi électorale qui donne un gros bonus à la Chambre à la coalition qui a eu le plus de voix, même si elle reste très minoritaire (en l’occurrence 29,55% des voix et 29,18% à la coalition de Silvio Berlusconi qui arrive en second) ; au Sénat il n’y a pas de majorité et la coalition de Berlusconi est en tête par le nombre de sièges ; l’arbitre, c’est Beppe Grillo qui en cas de nouvelles élections pourrait rafler la mise.

Crédit photo : Friends of Europe, via Flickr (cc).