Suicide en pole position, ou les deux violences

Suicide en pôle position, ou les deux violences

15/02/2013 – 18h30
NANTES (NOVOpress) — « Aujourd’hui, je vais me brûler à Pôle Emploi » avait déclaré cet ouvrier chaudronnier de 43 ans, avant de passer à l’acte mercredi 13 février en mi-journée devant une agence de Nantes.

« Ce qui s’est passé ici est exemplaire »

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a fait part de sa “préoccupation” après le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, qui avait manifesté sa “très forte émotion”. Le ministre du Travail et de l’Emploi, Michel Sapin, a de son côté estimé que tout avait été fait pour empêcher cette tragédie : « tout a été fait, ce qui s’est passé ici est exemplaire ».

De notre point de vue c’est le comportement du chômeur en fin de droits qui est exemplaire. C’est la dénonciation flamboyante des deux poids deux mesures qui sévissent dans notre pays. D’un côté le poids budgétaire écrasant de ceux que l’on soutient systématiquement en oubliant le plus souvent les règlements, et de l’autre le poids de ceux dont on veut se débarrasser, comme on lâche du lest, en les excluant de l’aide sociale par mesure d’économie. Et aussi parallèlement des poids de deux violences : le poids politique croissant de ceux qui répondent aux refus par un déchaînement de violence et ceux qui, confrontés à la rigueur, n’ont plus, pour faire poids, que la ressource de retourner la violence contre eux.

Ce genre d’événements est, malgré les larmes de crocodiles de nos ministres, la conséquence directe de leur politique et donc, malheureusement, ils vont se multiplier.

Photo : Harlem Désir et Jean-Marc Ayrault le 29 janvier 2013. Crédit : Parti socialiste via Flickr (cc)