Italie : élections sur fond de scandale bancaire

Italie : élections sur fond de scandale bancaire

04/02/2013 – 18h10
ROME (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation) – Après la dissolution du Parlement par Mario Monti désormais minoritaire, les Italiens iront devant les urnes les 24 et 25 février prochains. Mais le paysage politique cisalpin vient d’être bouleversé par le scandale de la troisième banque italienne. Il Monte dei Paschi, la plus vieille banque du monde, est menacée de faillite. Et cette faillite retombe à la fois sur le Parti démocratique, le principal parti de gauche, et sur Mario Monti.

La banque Monte dei Paschi dont le siège est à Sienne est gouvernée par des anciens ou des sympathisants du Parti démocratique. Une fondation proche de ce parti politique en est l’actionnaire majoritaire. En 2007, la banque de Sienne rachète à la banque espagnole Santander la cinquième banque italienne pour 9 milliards d’euros. Santander l’avait acquise seulement deux mois plus tôt pour six milliards d’euros. Gain en deux mois : plus de trois milliards d’euros. C’est cette somme que vendeurs et acheteurs sont soupçonnés de s’être partagés.

La politique intervient doublement dans ce scandale. Il Monte dei Paschi a toujours été un des financiers les plus généreux de la gauche italienne. Par ailleurs, la banque s’est engagée dans des opérations aventureuses de spéculation après 2008. Et c’est Mario Monti qui a accordé un prêt de quatre milliards d’euros à la banque au moment où les Italiens doivent se serrer la ceinture.

Silvio Berlusconi fait remarquer que le prêt accordé par Monti à la banque correspond exactement à ce que vont payer les Italiens en termes de nouvelle taxe d’habitation rétablie par Monti. Il promet d’abolir cette taxe et d’en restituer le montant aux contribuables. De son côté Bepe Grillo, le Coluche populiste italien, remonte dans les sondages. Berlusconi ne gagnera peut‑être pas les élections mais la gauche est encore loin de les avoir gagnées.