Formation des enseignants, vers le retour des IUFM... en pire

Formation des enseignants, vers le retour des IUFM… en pire

30/01/2013 – 18h00
 PARIS (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation) –Même le site de profs antinationalistes Aggiornamento histoire‑géo trouve qu’ils vont trop loin. Une première version de la réforme de la formation des professeurs du primaire et du secondaire a été publiée. Elle suscite des réactions négatives venues de divers horizons.

L’histoire de la formation des enseignants

Dans les années 1950, les professeurs passaient un concours portant sur leurs connaissances. Ils étaient ensuite confiés à des professeurs expérimentés qu’ils regardaient faire et qui leur permettaient de préparer en détail leurs premiers cours. Cette formation par imitation et apprentissage a été progressivement rendue plus abstraite. Le sommet a été atteint avec l’invention des IUFM par le socialiste Lionel Jospin. Après avoir été reçus au concours, les jeunes professeurs étaient soumis à une formation très théorique. Ils devaient adopter une pédagogie officielle dans laquelle l’élève construit son savoir par lui‑même et réinvente l’ensemble des connaissances humaines au lieu de les recevoir de ses maîtres.

Ce qu’ont fait les ministres de Nicolas Sarkozy

Ils ont réussi l’exploit de faire presque pire. Les désastreux formateurs des IUFM ont été versés dans les universités et l’année de formation d’après le concours a été pour l’essentiel supprimée. Les jeunes professeurs devaient enseigner tout de suite à plein temps. Le nombre de candidats aux concours d’enseignement s’est effondré.

Ce que veut faire le gouvernement actuel

Du pédagogisme avant, pendant et après les concours. Les jeunes professeurs devraient avoir un master spécialisé en grande partie axé sur les théories pédagogistes. Les concours devraient être composés aux deux tiers de questions d’ordre « professionnel » et de réflexions sur la manière de faire les cours et pour un tiers seulement sur les connaissances à transmettre. Des enseignants qui voudraient seulement transmettre leurs savoirs sans se soumettre aux lubies pédagogiques à la mode auraient encore plus de mal à passer à travers les mailles du filet.

Qui s’oppose à ces projets ?

Certains professeurs d’IUFM pensent que l’on ne va pas assez loin. D’autres comme le site Aggiornamento histoire‑géo critiquent des concours qui demanderaient une réflexion sur le métier d’enseignant à des candidats qui n’en ont encore qu’une expérience essentiellement théorique. Le Blog de la liberté scolaire critique pour sa part une vision unilatérale de la pédagogie qui laisse de côté la recherche de la vérité et un enseignement qui sache transmettre et expliquer.