La fertilité bretonne rejoint-elle vraiment la catastrophique moyenne française ?

La fertilité bretonne rejoint-elle vraiment la catastrophique moyenne française ?

Photo ci-dessus : “Tout Brest court”

30/01/2013 – 14h00
RENNES (NOVOpress Breizh) –
Les statistiques officielles semblent indiquer que la fertilité bretonne (sur les quatre départements de la région Bretagne administrative) se rapproche de la France entière. En réalité, si l’on considère la part des étrangers et descendants d’étrangers dans les naissances, la singularité bretonne demeure.

La presse bretonne a presque unanimement commenté la dernière étude de l’Insee Bretagne sur la fécondité régionale (Octant Analyse n° 41), parue voici quelques jours, en évoquant un rapprochement avec la moyenne française. « La Bretagne tend à se fondre dans la masse en s’alignant sur la moyenne nationale » écrivait ainsi Le Mensuel de Rennes.

À ne considérer que les chiffres bruts, c’est vrai. Mais comme chacun sait, les statistiques sont la forme sophistiquée du mensonge. Au niveau de la France entière, la natalité d’origine étrangère a pris une importance considérable. Selon les chiffres mêmes de l’Insee, pour les naissances de 2011, les deux parents étaient nés à l’étranger dans plus de 12 % des cas (dont les neuf dixièmes hors des pays de l’Union européenne) et l’un des deux parents était né à l’étranger dans près de 14,5 % des cas. Et parmi les parents « nés en France », beaucoup sont eux-mêmes des enfants d’immigrés nés depuis les mesures de « regroupement familial » de 1975. La fertilité des étrangers ou descendants d’étrangers est nettement supérieure à celle des Français nés de parents français.

L’Insee Bretagne ne révèle pas quelle est la part des étrangers dans les naissances en Bretagne mais a indiqué en octobre dernier que « La Bretagne est la région française avec le plus faible taux d’immigrés ». On peut donc en conclure qu’en Bretagne la fertilité pour les Européens reste supérieure à celle de l’ensemble de la France pour ces même Européens (1).  Et aussi que la substitution de population reste moins forte en Bretagne qu’au niveau national.

(1) En France, sans doute pour cacher la réalité (pour masquer la fièvre on casse le thermomètre), les statistiques ethniques sont interdites. Mais des démographes, (en général à la retraite pour ne pas détruire leur carrière), par recoupements, trouvent, en France, une fécondité des Européens inférieure à 1,7 enfants par femme, c’est-à dire nettement inférieure au renouvellement des générations et entraimant leur disparition progressive si elle ne se relève pas.

Crédit photo : Etienne Valois, via Flickr, (cc).