Nucléaire iranien : la rencontre des « Six » repoussée en février

Nucléaire iranien : la rencontre des « Six » repoussée en février

30/01/2013 – 08h00
TEHERAN (NOVOpress) – Initialement prévue pour fin janvier, la nouvelle rencontre entre l’Iran et les six médiateurs internationaux – Russie, États-Unis, Grande-Bretagne, France, Chine et Allemagne –, dits les « Six », sur le dossier nucléaire iranien se tiendra finalement en février, a annoncé lundi Michael Mann, porte-parole de la diplomatie européenne., sans toutefois en préciser davantage.

Ce report a été grandement déploré par Serguei Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, puisqu’il résulte du simple fait que certains participants ne parvenaient pas à se mettre d’accord sur le pays d’accueil de celle-ci. « La rencontre a bel et bien été reportée et à mon grand regret. La cause de cet atermoiement est complètement insatisfaisante: certains de nos partenaires des Six ainsi que la partie iranienne ne parviennent pas à tomber d’accord sur le pays et la ville de la rencontre », a-t-il expliqué.

Le dernier round de négociations – le troisième en 2012 – s’était déroulé les 18 et 19 juin à Moscou. Il fut précédé d’une rencontre à Istanbul (le 14 avril) et d’une autre à Bagdad (les 23 et 24 mai). Ces négociations n’ont abouti à aucune solution.

Depuis 2003, les six médiateurs internationaux sur le dossier nucléaire iranien œuvrent conjointement avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour amener Téhéran à suspendre ses travaux d’enrichissement d’uranium susceptibles de mettre en danger le régime de non-prolifération nucléaire.

Certains pays membres du groupe des « Six », avec les États-Unis à leur tête, reprochent à l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire sous couvert du programme qu’il prétend réaliser à des fins civiles. Téhéran admet en effet enrichir de l’uranium à 20%, mais affirme que ses activités nucléaires ont pour seul objectif de satisfaire les besoins du pays en électricité.

Moscou, de son côté, reconnaît ce droit d’accès aux Iraniens. Ainsi M. Peskov, porte-parole du Kremlin, déclarait en décembre dans une interview à la revue américaine The National Interest : « Nous partageons la même position sur l’Iran que nos partenaires américains, et nous nous basons stratégiquement sur les mêmes principes. Nous ne voulons pas mettre en cause le régime de non-prolifération, mais reconnaissons dans le même temps le droit des Iraniens au nucléaire civil ».

Julien Lemaire

Crédit photo : Truthout.org via Flickr (cc).