Pyongyang va renforcer son potentiel nucléaire

Pyongyang va renforcer son potentiel nucléaire

Le mausolée des deux précédents maîtres de la Corée du Nord, Kim Il-sung et son fils Kim Jong-il.
Kim Jong-Un, le petit-fils de Kim Il-sung, est actuellement à la tête du pays : la première dynastie dictatoriale communiste.

23/01/2013 – 20h45
TOKYO (NOVOpress) – La Corée du Nord vient d’annoncer son intention de renforcer son potentiel militaire et nucléaire, faisant ainsi une croix sur les négociations sur la dénucléarisation de la péninsule, comme l’a annoncé mercredi l’Agence télégraphique centrale de Corée du Nord. “Nous adopterons les mesures nécessaires afin de renforcer notre puissance militaire, notamment les systèmes de dissuasion nucléaire”, indique l’Agence dans un communiqué officiel du mardi 22 janvier.

Cette déclaration intervient sur fond d’adoption par l’ONU de nouvelles sanctions contre la dictature de Kim Jong-Un : le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté mardi une résolution unanime condamnant le lancement en décembre d’une fusée nord-coréenne et a élargi ses sanctions à l’encontre de Pyongyang. Celles-ci consistent essentiellement en un gel des avoirs et une interdiction de voyager.

Le 12 décembre 2012 en effet, la Corée du Nord a annoncé le lancement de sa fusée Unha-3 qui a mis en orbite le satellite Kwangmyongsong-3. Les pays voisins, le Japon, et la Corée du Sud en tête, estimaient alors qu’il s’agissait d’un test balistique camouflé. De son coté la Corée du Nord affirme que ses engins à longue portée sont des lanceurs de satellites à vocation civile.

La Russie, un des seuls interlocuteurs de Pyongyang, a dit mercredi espérer que la Corée du Nord entendra la voix de la communauté internationale en renonçant à son programme. “Pour cela, il est nécessaire de rester dans les limites des exigences formulées dans les résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu”, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

La crainte principale de la communauté internationale est de voir la Corée du Nord procéder pour la première fois à un essai à l’aide d’uranium hautement enrichi. Cette éventualité lui permettrait de préserver ses stocks de plutonium, dont les experts estiment qu’ils pourraient permettre la fabrication de douze bombes atomiques. Ces derniers redoutent également que Pyongyang ne réalise un troisième essai nucléaire, après ceux de 2006 et 2009.

Une longue série de tirs ratés, dont le dernier en avril 2012, et ces deux essais nucléaires, avaient déjà valu à la Corée du Nord plusieurs séries de sanctions de l’ONU depuis 2006.

Julien Lemaire

Crédit photo : Mark Scott Johnson, via Wikipédia, (cc).