« Touche pas aux nitrates ! » : manifestations de la FNSEA dans plusieurs villes de France

« Touche pas aux nitrates ! » : manifestations de la FNSEA dans plusieurs villes de France

Les nitrates sont responsables de la prolifération des algues vertes.Crédit photo : Thesupermat via Wikimedia (cc).

17/01/2012 – 19h00
NANTES (NOVOpress Breizh) –
Répondant à l’appel de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), plusieurs centaines d’agriculteurs ont manifesté hier à Paris et dans plusieurs villes de France pour protester contre la transposition dans le droit français d’une directive européenne environnementale sur les nitrates.

Dénonçant les nouvelles dispositions relatives à l’application d’un règlement européen contre les nitrates,  plusieurs dizaines d’agriculteurs ont déversé hier matin de la paille et allumé quelques feux  aux abords du ministère de l’Agriculture à Paris. Les manifestants ont réclamé la démission de Stéphane Le Foll, le ministre de l’Agriculture, jugé « arrogant ».

En Bretagne, après la manifestation qui avait eu lieu la veille à Rennes, une centaine de tracteurs a parcouru mercredi les rues de Nantes avant d’aller bloquer le quartier où se trouvent les locaux de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), sur l’île Beaulieu.

Passible de lourdes sanctions financières – on parle de 20 millions d’euros – par Bruxelles pour non-respect de la directive adoptée il y a plus de 20 ans contre les pollutions dues à un usage immodéré des nitrates, la France a dû en effet prendre  récemment des mesures restreignant diverses pratiques agricoles afin de protéger les nappes phréatiques.

De 18.000 l’an dernier, le nombre de communes classées dans la catégorie des « zones vulnérables »  pour cause d’eaux polluées (à partir de 50 milligrammes par litre) a été porté à 18.860. Selon le ministère de l’Ecologie, ce sont en effet 1.300 nouvelles communes qui sont entrées dans cette catégorie, alors que seulement 440 communes en sont ressorties.

En France, la présence de nitrates dans les eaux continentales provient à 66 % de l’agriculture – le reste étant issu des rejets des collectivités locales (22 %) et de l’industrie (12 %) -,suite à l’épandage de doses massives d’engrais azotés et de lisier (effluents d’élevage). La pollution des nappes phréatiques est due à la différence entre les apports en nitrates et ce qui est réellement consommé par les plantes. Selon le ministère de l’Agriculture, l’excédent serait ainsi passé de 320.000 tonnes en 1995 à 400.000 tonnes en 1997. La Bretagne est particulièrement touchée par cette pollution, qui se manifeste chaque été sur les côtes par l’apparition des tristement célèbres « marées vertes ».

Les dirigeants de la FNSEA, en pleine campagne électorale (les élections aux chambres d’Agriculture auront lieu fin janvier) contestent les mesures annoncées pour réduire l’utilisation des nitrates « On va nous imposer des obligations coûteuses pour lesquelles l’Etat n’a pas un euro », affirme le syndicat agricole, qui réclame un « moratoire » sur les zones vulnérables et une contre-expertise du programme d’actions.