Faits & Documents n°349 du 15 au 31 janvier 2013. Portrait : Claude Sérillon

Faits & Documents n°349 du 15 au 31 janvier 2013. Portrait : Claude Sérillon

Le nouveau numéro de Faits & Documents du 15 au 31 janvier 2013 vient de paraître, avec (entre autres) un portrait de Claude Sérillon. Extrait.

« Tout cela est ridicule : le profil de Sérillon comme le dispositif. Un bon journaliste n’a jamais fait un bon communicant. Ça ne marchera jamais. On ajoute des couches sur des couches. C’est du Hollande tout craché : il organise la dilution du travail. » Cette confidence d’un communicant socialiste à Libération (4 janvier 2013) résume assez bien l’opinion des professionnels du secteur. Nouveau conseiller élyséen en charge (mais sans en avoir les fonctions) de la communication, de la stratégie et de la coordination avec Matignon, Claude Sérillon a été choisi, non pour ses qualités propres, mais pour sa proximité affective avec le président de la République et sa compagne, Valérie Trierweiler. On le voit mal jouer un machiavélique « spin doctor », ce dont François Hollande aurait pourtant vraiment besoin afin de continuer à « enfumer » les Français.

« Avec ses bouclettes et son oeil qui frise, Claude Sérillon gagnerait haut la main le césar de la séduction si cette catégorie entrait dans les 7 d’Or. »
L’ Événement du jeudi, 25 septembre 1986.

« Le symbole de l’emmerdeur de gauche, l’image d’un petit coq, l’incarnation de la Deux, chaîne frondeuse d’alors […] Malgré son passé mi-ludion mi-trublion, ses confrères le dotent de qualités professionnelles rares […] Son côté Monsieur Je-Sais-Tout en agace plus d’un. Comme son ego surdimensionné […] Il installa, cafarde la légende, une loupiote dans sa voiture, qu’il allumait la nuit en roulant afin qu’on le reconnaisse. »
Libération, 10 août 1998.

« Organiser un référendum serait démagogique. »
Contre la peine de mort, tribune de Claude Sérillon dans Le Figaro, 9 novembre 1988.

« Promu en Mitterrandie, puni en Chiraquie, ignoré en Sarkozie, il revient en force en Hollandie. »
AFP, 3 janvier 2013.

Faits & Documents n°349 du 15 au 31 janvier 2013. Portrait : Claude Sérillon

Faits & Documents n°349 du 15 au 31 janvier 2013. Portrait : Claude Sérillon

Claude Sérillon est né le 20 octobre 1950 à Nantes (Loire-Atlantique). Il est le fils unique d’un magasinier (qui deviendra préparateur en pharmacie), Paul Sérillon (né le 29 juin 1920 à Vernoux-en-Vivarais, Ardèche), et d’Yvette Le Cozannet (née le 29 octobre 1919 à Nantes). Il est d’abord passé par l’école du Breil-Malville, puis le lycée Jules-Verne. Licencié ès lettres, celui qui faillit devenir instituteur débuta à TAM durant son service national, y apprenant son métier sur le tas, et à Presse-Océan (1970-1973). Il n’a été nullement engagé dans Mai 68 alors qu’il avait 18 ans. Entré au bureau régional de FR3 Paris-Ile-de-France, il rejoint A2 en 1975, où il sera chargé des informations générales, de la politique et de la justice. Militant socialiste (il est cité comme tel dans Magazine Hebdo du 10 février 1984) et tiers-mondiste (il est parti à de nombreuses reprises en mission humanitaire avec Médecins sans frontières), il se définit comme « proche de SOS-Racisme, de Robert Badinter et du Coluche des Restaurants du cœur » il fut l’un des principaux responsables du syndicat des journalistes CFDT d’A2.

Sarcastique, il fut évincé, au début de 1981, de la revue de presse de la chaîne par Jean-Pierre Elkabbach pour avoir osé évoquer « l’affaire des diamants » de Valéry Giscard d’Estaing. À l’arrivée de la gauche, il devient rédacteur en chef du service société et présente le dernier journal de la nuit. Il passe ensuite sur TF1 à la demande d’Hervé Bourges, y présente le 20 Heures, mais retourne finalement sur A2 en 1986, y présentant le journal en alternance avec Bernard Rapp. Dès cette époque, il se lie très discrètement avec Claude Pilhan, le conseiller de l’ombre qui façonnera l’image de François Mitterrand (puis de Jacques Chirac). Il perd à nouveau son poste (via le nouveau patron, Claude Contamine) après avoir malmené le préfet de police de Paris durant l’affaire Malik Oussékine (étudiant décédé lors des manifestations étudiantes). Il lui faudra attendre onze années pour retrouver un tel poste. À côté de ses activités, il sera l’un des fondateurs (avec Kofi Yamgnane et Hélène Carrère d’Encausse) de la Fondation pour l’intégration républicaine chargée de « valoriser les apports étrangers dans le patrimoine français ».

À partir de 1988, il produit et présente Édition spéciale puis Une fois par jour, avant de remplacer…

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Crédit photo : Ville d’Arles via Flickr (cc)