Flandre : le cordon sanitaire brisé au plus bas niveau de pouvoir

Flandre : le “cordon sanitaire” brisé au plus bas niveau de pouvoir

04/01/2013 — 20h00
BRUXELLES (via le site de Lionel Baland) — Le “cordon sanitaire” est une mesure antidémocratique qui vise le Vlaams Belang et traite ce parti comme une formation politique véhiculant des idées inacceptables. Cette mesure consiste à voir les partis du système politique en place refuser toute alliance avec le Vlaams Belang à quelque niveau de pouvoir que ce soit. Instauré il y a une vingtaine d’années, le cordon sanitaire a tenu le coup durant cette période, mais vient d’être brisé lors de la mise en place des nouveaux conseils municipaux, issus des élections d’octobre 2012, en Flandre ce 2 janvier 2013.

Au sein d’une municipalité, les membres du Conseil municipal élisent au vote secret les membres du conseil du CPAS (Centre public d’aide sociale). Lorsqu’une zone de police s’étend sur plusieurs communes, un conseil de police est constitué. C’est dans le cadre de l’élection  des conseils du CPAS et des conseils de  police que le cordon sanitaire a été brisé.

Lors des votes secrets, des accords peuvent être conclus entre plusieurs partis : A vote pour B lors de l’élection du Conseil du CPAS et B vote pour A lors de l’élection du Conseil de police. Ou au sein du Conseil CPAS, plusieurs partis se partagent dans le temps un des mandats.

Lanaken : le Parti social-chrétien CD&V, les nationaux-centristes de la N-VA et le Vlaans Belang ont décidé de se partager durant 6 ans (2 années chacun) un poste de conseiller CPAS. Alice Roemans siégera pour le Vlaams Belang à partir de 2015

Bilzen : Le Député national du Vlaams Belang, Annick Ponthier, entre au Conseil de police grâce à l’appui des sociaux-chrétiens du CD&V.

Heusden-Zolder : le Parti libéral VLD est accusé d’avoir offert 3 voix au Vlaams Belang, ce qui permet à un membre du Vlaams Belang de siéger au Conseil du CPAS.

Le Vlaams Belang siège désormais, grâce au soutien d’élus d’autres partis, au sein de conseil de police à Eeklo, Liedekerke, Westerlo, Zandhoven, Buggenhout et Lebbeke.

Un incident a eu lieu à Courtrai (Kortrijk) : Maarten Seynaeve du Vlaams Belang a obtenu 17 voix lors de son élection au sein du Conseil de police alors que son parti ne dispose que de 16 voix.

Dans la partie francophone de la Belgique, le cordon sanitaire est étendu aux médias (ce qui n’est pas le cas en Flandre), qui refusent de donner la parole aux patriotes et souvent les insultent ou manipulent les informations les concernant. L’annulation d’un débat électoral sur la télévision de service public francophone RTBF en 2010 au nom du « cordon sanitaire » a été condamnée par l’association Reporters sans frontières.