La bulle immobilière française risque à son tour d'éclater

La bulle immobilière française risque à son tour d’éclater

02/01/2012 — 19h30
PARIS (NOVOpress) — Comme les entreprises de BTP et les banques, les spécialistes de l’immobilier redoutent aujourd’hui l’éclatement de la bulle immobilière française. Au contraire de l’Espagne où il a eu surproduction massive, c’est la pénurie qui entraîne chez nous des prix prohibitifs.

En une douzaine d’années, ils ont augmenté en moyenne de 139%, et de 175% à Paris, élevant le coût moyen du mètre carré dans la capitale à 8.410 euros ! Des prix qui dépassent les possibilités du salarié moyen, d’autant que les banques redoublent aujourd’hui de prudence quand il s’agit d’accorder des crédits, et demandent des apports personnels de plus en plus élevés. Sur fond de récession, de multiplication des CDD courts (souvent seulement un mois) et d’augmentation continue du chômage, le nombre de prêts accordés a déjà chuté de 30% par rapport à l’année précédente.

Alors qu’il n’y a plus que peu d’amateurs pour l’immobilier ancien, les mises en chantier s’essoufflent. De janvier à novembre, construction de logements neufs a baissé de 13% par rapport à la même période en 2011, et les débuts de chantier ont chuté de 25% de septembre à novembre. Les banques craignent qu’un effondrement des prix pouvant au moins atteindre 35% ne frappe particulièrement les ménages en situation de surendettement : non par philanthropie, mais parce que certains crédits risquent de ne plus être remboursés.

Avec la baisse conséquente prévisible des mises en chantier en 2013, la Fédération française du bâtiment craint la perte de 40.000 emplois dans sa branche, alors que la Fnaim (Fédération nationale de l’immobilier) compte déjà quelque 350 bureaux fermés en 2012, et estime que l’emploi de 5 000 agents immobiliers est menacé.

Il n’y a guère de chances pour que la Loi Duflot – nouvelle niche fiscale ! – censée apporter des exonérations fiscales en échange de la construction de logements locatifs n’inverse la tendance, et la situation n’est en rien comparable à celle des années 90 où les prix de l’immobilier avaient certes reculé de 60%, mais dans un contexte économique nettement moins sinistré qu’aujourd’hui.

Voilà bien qui prouve l’urgence qu’il y a maintenant d’assurer la gratuité de l’avortement, de vouloir faire passer en force le “mariage pour tous” ou d’ouvrir en grand les vannes de l’immigration.

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